Belgique et Pays-Bas signent une déclaration commune pour améliorer le ferroviaire transfrontalier
Les Pays-Bas et la Belgique se sont retrouvés mercredi à Anvers pour signer une déclaration commune visant à renforcer et améliorer les liaisons ferroviaires transfrontalières entre les deux pays : S32, EuroCity, possible Bruxelles –Eindhoven, Gand – Terneuzen, 3RX… Les deux États prévoient de signer un accord-cadre durant l’été et s’engagent à organiser des réunions semestrielles du groupe de travail ainsi qu’une rencontre annuelle entre les responsables politiques en charge de la mobilité.
La Belgique et les Pays-Bas ont signé mercredi à Anvers une déclaration commune visant à améliorer le système ferroviaire transfrontalier entre les deux pays, en présence du ministre Jean-Luc Crucke (Mobilité, Climat et Transition écologique, au nom de la Belgique) et du secrétaire d’État démissionnaire Thierry Aartsen (Infrastructure et Gestion de l’eau, au nom des Pays-Bas).
“Les signataires apprécient la coopération existante entre les autorités concernées, les entreprises ferroviaires et les gestionnaires d’infrastructure ferroviaire, tout en reconnaissant qu’il subsiste des défis et que de nouveaux se sont ajoutés dans un monde en évolution rapide, qui appelle également à une action rapide. Les signataires reconnaissent donc l’urgence d’accélérer les démarches et de renforcer et d’intensifier davantage leur coopération mutuelle.”
Les accords s’appuient sur la coopération existante et sur les accords ferroviaires conclus entre la Belgique et les Pays-Bas en 2022. L’intensification nécessite toutefois des efforts supplémentaires et, le cas échéant, un approfondissement du contenu. C’est pourquoi il a été convenu d’impliquer les autorités régionales et les gestionnaires d’infrastructure ferroviaire dans l’approche, lorsque cela est nécessaire et pertinent.
Concrètement, il existe cinq liaisons ferroviaires de voyageurs entre la Belgique et les Pays-Bas : Eurostar (Paris –) Bruxelles – Amsterdam, EuroCity Bruxelles – Rotterdam, EuroCity Direct Bruxelles – Lelystad, S32 (Puurs – Anvers – Roosendaal) et le Drielandentrein (S44) Liège – Maastricht (– Aachen), le S44.
Plusieurs dossiers
L’accord vise d’abord à améliorer la coordination et le déploiement de l’ERTMS : en Belgique, presque tout le réseau (à l’exception de la LGV 1 et de certains faisceaux) est passé à l’ETCS niveau 1 ou niveau 2. Aux Pays-Bas, la situation est plus compliquée car le réseau reste globalement à l’ancien système ATB, sauf sur la HSL Zuid, les deux lignes entre Europoort et Elten (DE), entre Utrecht et Amsterdam et sur la Hanzelijn entre Lelystad et Zwolle.
Côté passagers, l’accord voudrait étendre la capacité entre la Belgique et le Brabant-Septentrional (Noord-Brabant), notamment en améliorant les liaisons existantes S32 entre Anvers et Roosendaal et les EuroCity entre Bruxelles et Rotterdam (puisque les EuroCity Direct ne s’arrêtent pas à Breda).
Plus à l’est, les deux États souhaitent d’abord améliorer la performance commerciale du Drielandentrein (Liège – Maastricht – Aachen), mais aussi trouver une solution pour permettre à terme la reprise des circulations voyageurs entre Hamont et Weert, interrompues depuis 1991, malgré des trains qui circulent vers l’usine de zinc de Budel.
De plus, sur la ligne 19 entre Lommel et Hamont, un doublement des voies va avoir lieu entre Balen et Hamont, avec des travaux commençant cette année pour se terminer dans trois ou quatre ans.
Parallèlement, dit la déclaration, “des discussions ont lieu sur les possibilités de réaménagement de liaisons actuellement non fonctionnelles, telles que Hasselt – Maastricht”, alors que des incertitudes subsistent depuis la fin des circulations voyageurs sur la ligne 20 entre les deux Limbourgs et l’annulation en 2022 du tram rapide envisagé par la Flandre et les Pays-Bas. L’affaire s’est terminée en justice : les Pays-Bas, qui avaient investi plus de 14 millions d’euros, réclament désormais plus de 19 millions à la Flandre, qui avait annulé le projet et a fait appel de la décision.
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Bruxelles – Eindhoven ?
Quelques lignes de la déclaration font également état d’une volonté de lancer des réflexions et/ou des études sur le développement de liaisons entre la Belgique (Bruxelles) et le bassin économique de Brainport Eindhoven, pôle technologique majeur du sud des Pays-Bas, notamment connu pour la présence du groupe ASML et de son écosystème high-tech.
Si l’on spécule, plusieurs solutions s’offrent à cette idée au départ de Bruxelles : d’un côté, une simple liaison par heure ou toutes les deux ou trois heures sur l’infrastructure existante via Anvers, Breda et Tilburg, ce qui serait, dans l’état actuel des choses, très compliqué en raison de la saturation des sillons sur les lignes 25 et 27 entre Bruxelles et Anvers, en l’absence d’une ligne plus directe et/ou à grande vitesse. Même si les deux États veulent “un travail des deux côtés de la frontière pour résoudre les goulets d’étranglement qui entravent le développement de réseaux transfrontaliers locaux”.
Une autre possibilité serait de prolonger à nouveau la ligne entre Turnhout et Tilburg, fermée en 1987, avec le même tracé ou un tracé alternatif ; soit, comme proposé par les journaux de DPG Media, de relancer le projet d’une toute nouvelle ligne ferroviaire reliant Eindhoven à la Belgique, parallèle à l’autoroute E34, ce qui coûterait sans aucun doute plusieurs centaines de millions, voire des milliards d’euros ; soit d’utiliser à terme la ligne Hamont – Weert puis de créer l’infrastructure nécessaire pour rejoindre Eindhoven.
Développements fret
Côté fret ferroviaire, conformément aux accords de la réunion ministérielle pentagonale de juin 2023, la coopération voudrait élaborer “les étapes nécessaires au développement d’une liaison entre le port d’Anvers et la région allemande de la Ruhr (3RX)”, soit une nouvelle liaison vers la région de Duisburg via Venlo au lieu de Roermond.
De plus, il y a une volonté de poursuivre des étapes visant à améliorer structurellement le transport ferroviaire de marchandises entre les ports de Gand et de Terneuzen, alors qu’une nouvelle ligne doit être créée entre Zelzate et Sluiskil afin de répondre à la future demande croissante entre les ports de Terneuzen et de Gand.
En passagers, Annick De Ridder, la ministre flamande de la Mobilité a également détaillé cette semaine que Terneuzen et Gand (Gent-Dampoort) allaient être reliés en bus rapide par la société EBS à partir de mi-décembre prochain, ce qui devrait réduire le temps de parcours en transport en commun de manière significative, complétant la ligne 15 Middelburg - Terneuzen prolongée les week-ends à Gand et la ligne 6 entre Terneuzen et Zelzate. Des élus néerlandais souhaitent à terme que la liaison ferroviaire fret serve aussi pour les passagers avec des gares réhabilitées.
Autres développements
Enfin, les deux États souhaitent renforcer la résilience et la capacité en matière de mobilité militaire transfrontalière, augmenter l’efficacité du transport ferroviaire (par exemple via le transport autonome) : les signataires s’engagent à rendre le cadre réglementaire favorable au secteur et à coordonner les lignes directrices stratégiques concernant la répartition des capacités conformément au nouveau règlement européen sur les capacités.
Afin de mener à bien ces différents projets, les deux pays ont convenu que les ministres responsables se réuniraient au moins une fois par an. Ces réunions ont pour objectif de garantir l’avancement des projets. Elles sont complétées par des réunions semestrielles du groupe de travail belgo-néerlandais, en plus des réunions entre les experts de chaque dossier ferroviaire. L’objectif est que la Belgique et les Pays-Bas signent cet été un accord-cadre comprenant une série de dossiers ferroviaires.
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