La société française BlaBlaCar, qui exploite des cars longue distance, devrait arrêter ses activités en Europe à partir du 4 janvier prochain, selon plusieurs médias, si le projet est confirmé à l’issue de la procédure d’information-consultation du comité social et économique de la société. En Belgique, cela concerne au moins 12 lignes, la plupart au départ ou traversant Bruxelles. Plusieurs organisations et fédérations ont fait part de leur inquiétude, notamment pour les autocaristes, contraints de trouver des solutions à court et moyen-terme.
Un concurrent de moins pour FlixBus : la compagnie française BlaBlaCar, qui opère des cars longue distance sous la marque BlaBlaCar Bus, devrait s’arrêter le 4 janvier 2027, selon des informations de Mobily-cités et du Figaro.
“BlaBlaCar Bus a engagé une procédure d’information-consultation de son CSE (comité social et économique) portant sur un projet de cessation de son activité d’opérateur de lignes régulières longue distance. Si ce projet est confirmé à l’issue de la procédure sociale, le groupe pourrait sortir totalement du marché des SLO à compter du 4 janvier 2027”, indique Mobily-cités.
En Belgique, cela concerne une dizaine de lignes (au moins 12), reliant principalement Paris à Amsterdam (via Roissy, Lille, Bruxelles, Anvers, La Haye / Utrecht / Rotterdam), Bruges à Paris (Lille, Parc Astérix, Roissy), Paris à Cologne/Bonn (via Bruxelles, Liège, Aix-la-Chapelle), Paris à Essen (via Roissy, Lille, Bruxelles, Liège, Cologne/Bonn, Düsseldorf), Bruxelles à Rennes (via Lille, Roissy, Paris, Laval) et Bruxelles à Nantes (via Paris, Orly, Le Mans, Angers).
Mais également des longues lignes vers Lisbonne (via Lille, Paris, Versailles, Bordeaux, Bayonne, Saint-Sébastien, Bilbao, Vitoria-Gastéiz, Salamanque, Guarda, Castelo Branco, Santarem), Milan (via Rotterdam, Anvers, Bruxelles, Luxembourg, Metz, Strasbourg, Colmar, Bâle/Mulhouse, Bâle, Zurich, Lugano) et Amsterdam – Marseille (via Aix-en-Provence, Lyon, Chalon-sur-Saône, Dijon, Nancy, Metz, Luxembourg, Bruxelles, Anvers, Rotterdam).
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Aucun bénéfice
En juillet 2012, la SNCF avait lancé son service iDBUS depuis Paris-Bercy, avant de l’étendre à plusieurs hubs à travers la France, comme depuis Lyon-Perrache. Il a fallu attendre trois ans pour que l’offre devienne OUIBUS, dans une logique de synergie avec les trains low-cost OUIGO de la SNCF, mais les pertes continuent de se creuser, à tel point qu’OUIBUS est vendu à BlaBlaCar, déjà présente dans le covoiturage, en juillet 2019. Ce projet de cessation “répond aux difficultés économiques structurelles que connaît BlaBlaCar sur cette activité”, a fait savoir la société aux Échos.
Selon le Figaro, BlaBlaCar n’a jamais gagné d’argent avec les cars, reconnaissant des “pertes d’exploitation récurrentes et importantes”.
Au-delà de la simple cessation d’activités, ce sont des lignes autocar en moins pour mailler le réseau depuis la France, qui servaient d’alternative face à FlixBus, lequel continue à prendre des parts de marché à travers l’Europe, notamment depuis le rachat majoritaire du luxembourgeois Flibco il y a plusieurs mois.
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Inquiétudes pour les autocaristes
Concrètement, la société n’emploie aucun personnel de conduite ni n’exploite de véhicule de manière directe, passant, comme FlixBus, en sous-traitance par des autocaristes indépendants, dans le cadre du marché des autocars librement organisés (SLO), ou “cars Macron”, du nom de l’ancien ministre français de l’Économie qui a libéralisé ce marché.
“Concrètement, rien ne change dans l’immédiat pour les autocaristes partenaires. Les contrats se poursuivent normalement pendant les deux mois de consultation légale du comité social et économique”, indique encore Mobily-cités.
Sur le plan de l’emploi, la décision envoie un signal important aux autocaristes, appelés à s’adapter face à ce soudain revers, même s’il leur reste environ huit mois pour encaisser la nouvelle et trouver de nouveaux partenaires. Le président de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), Jean-Sébastien Barrault, a qualifié la décision de “choc d’une brutalité énorme”, se disant inquiet pour les autocaristes qui ont signé des contrats avec l’exploitant pour développer davantage leur partenariat, certains allant jusqu’à acheter des véhicules supplémentaires.
L’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) a également exprimé sa vive inquiétude à la suite de l’annonce du projet de retrait. “Cette décision, à la fois soudaine et inattendue, pourrait, si elle se confirmait, entraîner des conséquences majeures, notamment pour la soixantaine de transporteurs qui exploitent des lignes pour le compte de BlaBlaCar Bus.
Ces entreprises, majoritairement des PME ancrées dans les territoires, ont structuré une part non négligeable de leur activité autour de ces marchés. Certaines ont récemment investi dans du matériel roulant, recruté du personnel ou adapté leur organisation pour répondre aux besoins de leur donneur d’ordre. Elles se retrouvent aujourd’hui exposées à une incertitude économique brutale.”
L’OTRE souligne que ce projet intervient dans un secteur déjà fragilisé pour le transport routier de voyageurs, confronté à une concurrence accrue des autres modes de transport et à des marges sous tension, dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie et de tensions durables sur les coûts du carburant.
“Le président de la FNTV estime également que le marché français des SLO reste structurellement fragile. Selon lui, ni BlaBlaCar Bus ni même FlixBus ne dégageraient réellement de bénéfices en France, malgré des fréquentations en hausse et des discours rassurants sur la compensation des surcoûts de carburant”, écrit encore Mobily-cités.
L’OTRE quant à elle appelle à une transparence totale sur le calendrier et les modalités de ce projet, à un accompagnement renforcé des transporteurs partenaires afin de sécuriser leur activité et l’emploi, et à une mobilisation des pouvoirs publics pour anticiper les impacts territoriaux et économiques de cette éventuelle sortie du marché. “L’OTRE se tient pleinement mobilisée aux côtés des entreprises concernées et restera vigilante quant aux suites données à ce dossier.”
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