Un Airbus A320neo de la compagnie aérienne scandinave SAS a tenté de décoller vers 22 heures ce jeudi soir depuis un taxiway de l’aéroport de Bruxelles-National (Belgique), d’après des données ADS-B compilées et recoupées avec des informations communiquées par SAS et Brussels Airport. L’avion, immatriculé SE-ROM et opéré sur le vol SK2590 à destination de Copenhague (Danemark), a accéléré sur des voies de circulation parallèles à la piste 07R(/25L) de l’aéroport de Zaventem. Après environ un kilomètre de course, l’aéronef a freiné, a glissé, puis s’est immobilisé en bordure du taxiway Charlie 1 (C1). Les passagers ont été évacués plus d’une heure et demie après l’incident, mais aucun blessé n’est à déplorer parmi les personnes à bord, d’après Brussels Airport Company. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes.
Dernière mise à jour (possiblement finale) : 06/02/26 - 21:30 CET
Un Airbus A320neo (SE-ROM) de la compagnie aérienne scandinave SAS, effectuant la liaison Bruxelles (Belgique) – Copenhague (Danemark), a tenté de décoller depuis les taxiways Echo 1, Foxtrot 2 et Victor 1 (longs d’environ 1100 mètres) de l’aéroport belge, parallèles à la piste 07R de laquelle l’appareil devait s’envoler, à 22h04 (heure locale) ce 5 février 2026, d’après les données ADS-B consultées.
Selon ces données, l’avion a viré à gauche d’environ 120° vers E1 au lieu de poursuivre jusqu’à C6 (Charlie 6), puis a entamé son accélération. Durant cette course, l’appareil a atteint 119 nœuds (plus de 220 km/h), une vitesse proche de celle à laquelle intervient généralement la rotation sur la famille Airbus A320, selon la masse et la configuration.
Glissade après un freinage
Flightlevel.be indique que l’avion était autorisé à rouler jusqu’au taxiway C6, à le traverser, puis à virer à gauche afin de décoller sur la piste 07R, selon des échanges ATC que le média dit avoir pu obtenir.
Un passager, Anders Bork Hansen, indique à nos confrères danois de TV 2 : “alors que nous avions atteint une vitesse suffisante pour décoller, les freins ont été actionnés, tous les aérofreins se sont déployés et les moteurs ont été mis en inverseur de poussée, provoquant de fortes secousses.”1
L’avion a donc freiné, glissé sur la droite et s’est immobilisé près de la bordure du taxiway Charlie 1 (C1), selon différentes photos, au niveau de l’intersection des voies de circulation Charlie 1 / Victor 1, mettant fin à la course dangereuse. Certaines sources évoquent une immobilisation partielle sur l’accotement, sans confirmation visuelle ou officielle à ce stade.
Une fois l’avion à l’arrêt, les pilotes ont déclaré sur la fréquence “We are OK, but something went very wrong, stand by,” (“Nous allons bien, mais quelque chose s’est très mal passé, restez en attente”), puis “We accidentally almost took off on the taxiway, we are ok (...) We have no indication of fire.” (“Nous étions presque en train de décoller sur la voie de circulation, nous allons bien (…) Nous n’avons aucune indication de feu”).
Contrairement à ce qu’indiquait mobilithib plus tôt dans la matinée, aucun contrôleur aérien n’est intervenu durant la séquence, selon les éléments disponibles.
L’appareil se situait à environ 200 mètres de l’extrémité du taxiway et à environ 250 à 300 mètres des barrières de sécurité qui encerclent l’aéroport, à proximité des grands réservoirs de carburant et non loin de la piste 25L/07R, près des marquages de point d’attente. L’A320neo n’a, selon SAS, subi aucun dommage.
En plus des pompiers, “la Police Fédérale est également arrivée sur les lieux, notamment pour fournir une assistance psychologique”, indique Ariane Goossens, porte-parole par intérim de Brussels Airport, au Nieuwsblad. D’autres véhicules aéroportuaires étaient encore présents sur place, même trois heures après l’incident.
La compagnie aérienne SAS a également confirmé en fin de soirée l’incident au site Airlive.net, déclarant que “nous menons actuellement une enquête interne approfondie en collaboration avec les autorités locales afin de comprendre le déroulement des événements.”
Ce type d’incident est très rare : le dernier cas enregistré par le site spécialisé The Aviation Herald serait celui d’un Boeing 737-800 de Southwest, qui avait tenté en mars 2025 de décoller d’un taxiway parallèle à la piste à Orlando (États-Unis).
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Aucun blessé
D’après le Nieuwsblad, citant Brussels Airport Company, aucun blessé n’est à déplorer parmi les 165 passagers (135 annoncés auparavant) ainsi qu’un nombre inconnu de membres d’équipage. D’après un passager interrogé par TV 2, l’évacuation de l’avion par les pompiers a commencé vers 23h45 et, selon Ariane Goossens, elle était toujours en cours vers 00h30. L’évacuation n’a pas été immédiate, notamment faute d’escaliers disponibles, indique Belga.
“Scandinavian Airlines (SAS) a pris contact avec les passagers concernés pour proposer des solutions alternatives, étant donné qu’ils n’ont plus pu rejoindre leur destination hier”, fait savoir Brussels Airport dans un communiqué. Les passagers ont été logés à l’hôtel pendant la nuit et devaient prendre un vol pour Copenhague ce vendredi après-midi.
Les taxiways Charlie 1 et Victor 1 (à l’intersection) ont été fermés à la suite de l’incident, jusqu’à midi (heure locale) ce vendredi. Par mesure de précaution, les derniers départs de ce jeudi ont été effectués depuis la piste 07L au lieu de la 07R, bien que libre, d’après le site BATC. Les départs sur la 07R ont repris à l’heure des premiers départs commerciaux du vendredi matin. Globalement, les vols n’ont été que peu ou pas perturbés.
D’après une autre source à mobilithib, l’appareil immobilisé aurait été déplacé du site avant 04h20.
Ouverture de plusieurs enquêtes
Le porte-parole de Skeyes Kurt Verwillingen, contacté par mobilithib, a quant à lui indiqué qu’une enquête chez le gestionnaire a été ouverte.
De plus, l’Air Accident Investigation Unit (AAIU) a également ouvert une enquête de sécurité officielle. “Celle‑ci vise à formuler des recommandations de sécurité destinées à améliorer la sécurité aéronautique et à éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir. L’enquête n’a pas pour objectif de déterminer d’éventuelles responsabilités administratives, civiles ou pénales”, indique le communiqué.
Pour ce faire, l’AAIU collecte et analyse toutes les données pertinentes, notamment les images radar, enregistrements audio, informations techniques et météorologiques, ainsi que des témoignages. “À l’issue de cette analyse, le service publiera un rapport final présentant ses conclusions sur les causes et les facteurs ayant contribué à l’incident. Ce rapport, ainsi que les recommandations éventuelles, sera transmis à l’opérateur, à la Direction Générale du Transport Aérien (DGTA) et aux autres organismes concernés.”
Au moment de l’incident, la visibilité était de 10 kilomètres ou plus, avec un plafond commençant à 3200 pieds, selon les observations météo (ou METAR).
La Belgian Cockpit Association, représentant environ 500 pilotes a également réagi : “La BeCA a immédiatement apporté son soutien personnel à l’équipage concerné et continuera de le faire par le biais de ses réseaux de soutien professionnels et entre pairs, tels que la Fédération internationale des associations de pilotes de ligne (IFALPA) et l’Association Norvégienne des Pilotes.
La BeCA comprend le choc suscité par cet événement. (…) Une enquête technique a été ouverte et nous sommes convaincus que ses conclusions contribueront à prévenir la répétition d’un tel incident.”
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Le témoignage a été légèrement modifié pour être plus en raccord avec la réalité de la technique et des systèmes de l’aéronautique.



