Un mot, trois directions : adieu à une compagnie née d’un rêve belge, salut à une faillite qui couvait depuis longtemps, et déjà rebonjour à un nom repris, recyclé, rebaptisé.
Mercredi 30 avril, la société Air Belgium SA a officiellement été déclarée en faillite, après neuf ans d’existence chaotique. Une fin attendue, presque programmée depuis peut-être deux ans et demi. Et pourtant, dans ce crash contrôlé, persiste l’impression d’un immense gâchis : l’échec d’un projet que nous n’avons pas su mener seuls, ni avec les bonnes personnes à bord.
Ce qui aurait pu devenir un vrai porte-drapeau belgo-belge, en complément de Brussels Airlines, s’est trop souvent égaré entre paris risqués au départ, ambitions mal calibrées et virages stratégiques mal négociés. Hong Kong depuis Charleroi en A340 ? Beaucoup ont été sceptiques, à raison.
Puis ce fut l’Afrique du Sud, les Antilles… Mais rien n’y fait : le COVID, les problèmes moteurs des Airbus A330neo, la guerre en Ukraine et le climat géopolitique ont tout bouleversé.
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Quand le fret s’est imposé comme planche de salut, la compagnie a cru en une alliance solide avec CMA CGM… ce qu’elle fut, jusqu’à l’an dernier, mais dans une forme différente. Ironie de l’histoire : c’est l’armateur français qui a volé seul à la rescousse des meubles d’Air Belgium, via une nouvelle structure, sauvant une part de la flotte et à peine un quart des emplois.
Alors, Ciao Air Belgium. Pour de bon. Ou presque :
Ciao Air Belgium version 2, car la marque vit encore, recyclée par CMA CGM. Mais l’histoire initiale, celle d’une compagnie “belge” indépendante à l’actionnariat aussi chinois, est bel et bien terminée. Et avec elle, les belles idées de relancer une compagnie de zéro, avec des destinations exclusives, dans un marché saturé, depuis une piste secondaire mais avec, parfois, un management misant plus sur l’instinct que sur les chiffres. Même TUI fly Belgium mettra fin à ses vols long-courrier au départ de Bruxelles en novembre prochain.
En clair : un projet probablement voué à l’échec côté passagers, notamment en l’absence d’accords interlignes solides à Bruxelles, malgré des partenariats exotiques plus lointains.
Ce mercredi, ce n’est pas qu’une société qui s’est éteinte.
C’est un signal faible devenu un avertissement clair : le rêve ne suffit pas, il faut une boussole, un plan B, un plan C.
Et quand on regarde les dix dernières années, ce sont au moins cinq projets aériens belges qui ont échoué. Un désastre pour le paysage national, qui voudrait s’affirmer plus loin dans le monde.
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