L’opérateur de transports publics flamand De Lijn a mis en service ce jeudi 22 janvier ses nouvelles navettes autonomes chinoises à Louvain (Brabant flamand, Belgique). Deux véhicules WeRide, 8 places chacun, ont ainsi commencé à relier la gare d’Heverlee à celle de Louvain sur la ligne 16. Un projet pilote, en partenariat avec opérateurs, gouvernements, bureau d’étude et ville.
Elle est intéressante, la promesse : une navette autonome payante, une première en Belgique, à trois euros l’heure de voyage. Sauf que, pour valider un abonnement ou un ticket, ce n’est pas possible à bord : il n’y a pas de valideur. Tout passe par l’app ou le SMS. Ça fonctionne ? Oui. Ça ressemble vraiment à un service public classique ? Pas encore. “Un essai, donc nous verrons à l’avenir pour rajouter les valideurs”, selon De Lijn.
On l’a déjà vu ailleurs : Brussels Airport, Bruxelles, Louvain-la-Neuve : au moins cinq essais ont déjà eu lieu dans le pays. À Louvain, ces bus tournaient en test depuis le 11 septembre 2025, et le lancement, reporté depuis novembre, arrive finalement ce jeudi sans explication sur le retard. “Cela fait déjà un petit temps qu’on les voit circuler”, glisse un citoyen.
Le hic, c’est que l’on annonce un service très fréquent… pour deux navettes de 8 places, avec des horaires limités : quelques heures par jour, 5 jours sur 7, deux fois par heure. Concrètement : une capacité très, très restreinte, même si on parle fréquences sur le papier.
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Le communiqué de presse tient à nous préciser que la Ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder est la “première passagère officielle”. On repassera sur la formulation, surtout quand personne ne dit qu’elle était seule dedans, et qu’il y avait d’autres voyageurs. Plus frappant encore, cette même ministre perçue comme hostile aux transports publics a suspendu récemment le projet de tram rapide Bruxelles - Willebroek. Là, on sait freiner un projet structurant. Pour deux navettes de 8 places ? On déroule le tapis rouge. Sans compter les nombreuses restructurations du vaste réseau De Lijn, fusionnant les lignes entre-elles ou les supprimant dans le pire des cas.
Dans les discours autour de ce lancement, deux détails donnent une bonne image de la suite : on parle de 600 000 € de subsides européens et un nouvel appel d’offres aurait été acté hier par le Conseil d’Administration de De Lijn pour prolonger le projet. On évoque aussi une continuité possible jusqu’en 2027. Bref, on ne parle pas juste d’un pilote de quelques semaines : il y a une stratégie derrière.
Ce qu’on a aujourd’hui ? Deux bus autonomes avec un accompagnateur à bord. Ce que l’on nous promet ? Qu’un jour il n’y aura plus personne dedans. Et comme argument, la pénurie de personnel revient souvent, à raison. Rien de révolutionnaire, mais une vraie direction politique et opérationnelle pour aussi réduire les coûts et “trouver” une solution aux villages désertés par le service public.
Alors oui, les navettes autonomes sont un test intéressant. Mais arrêtons de vendre ça comme “la ligne la plus performante d’Europe” quand, à côté, un projet structurant comme Bruxelles - Willebroek est gelé. Deux bus de 8 places ne suffisent pas à faire une révolution de mobilité, surtout quand les lignes régulières opèrent environ 11 fois par heure entre les deux gares. Ça fait une jolie photo. Pas plus.
Sur le sujet :
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