Comme à l’acoutumée, la compagnie aérienne low-cost Ryanair a invité ce mercredi la presse belge et européenne à Bruxelles. Une nouvelle fois, les noms d’oiseau fusent chez Michael O’Leary, le milliardaire irlandais à la tête de la société depuis des décennies.
Et, comme souvent, la conférence ressemble à une autre : mêmes slides, mêmes cibles, mêmes grands thèmes rejoués d’une saison ou d’un pays à l’autre. Taxes, Commission européenne, contrôle aérien, ETS (Emissions Trading System), EU261… On pourrait presque deviner la suite avant qu’elle arrive. Sauf que cette fois, au milieu du déjà-vu, il y a une annonce qui pèse vraiment pour la Belgique : une réduction de capacité en 2026. Elle était dans les airs depuis au moins août dernier.
En cause, la taxe fédérale brandie par la compagnie (jusqu’à 10 euros) et celle de la ville de Charleroi (3 euros), qui doivent arriver cette année ou au plus tard début d’année prochaine selon le calendrier politique. Ryanair annonce retirer 1,1 million de sièges de ses programmes belges en 2026, principalement à Charleroi (où elle occuperait “92 à 93% du trafic”), avec des fréquences de vol moins importantes qu’en 2025, en plus du retrait de plusieurs avions basés. Et elle menace de refaire un tour l’année suivante, mais il y a de bonnes chances qu’on parle réellement de liaisons.
Sur ce point, O’Leary essaie de cadrer le récit cette année : plus question de parler de liaisons qu’on supprime, mais de sièges que l’on retire. Ce qui n’est pas la même chose sur le papier, ça peut être très proche dans la vie réelle, avec moins de travailleurs nécessaires sur site. Une destination peut rester affichée, mais devenir moins utile ou moins rentable si les rotations tombent, si les horaires se raréfient, si l’offre perd sa souplesse. Si Ryanair pouvait totalement quitter la Belgique, la réponse est “non”.
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Mais il n’empêche : certaines lignes s’arrêtent, d’autres ne sont pas reconduites ou reviennent à la saison. Pour l’été prochain, Ryanair n’annualisera qu’une seule liaison au départ de Charleroi : Newcastle (Royaume-Uni), lancée le 26 octobre dernier. Les vols stopperont au départ de Charleroi vers les Asturies (28 mars 2026, ouverte le 4 novembre 2022), une liaison reprise par Volotea depuis Brussels Airport, ainsi que cinq liaisons déjà interrompues depuis fin octobre : Tel Aviv (ouverte le 28 octobre 2019), Ponta Delgada (3 juillet 2024), Nantes (4 mai 2023), Bergerac (1er avril 2008) et Glasgow (30 octobre 2016). On notera également la saisonnalité de Carcassonne, opérée désormais uniquement pendant l’été.
Au total, Ryanair propose 112 liaisons à Charleroi l’été prochain, auxquelles s’ajoutent deux liaisons saisonnières en hiver, ainsi que 11 à Bruxelles. Le message, lui, est clair : le réseau reste large, mais l’argument de la compagnie n’est plus la ligne coupée. C’est la capacité déplacée.
Le reste de la conférence, c’est le classique récital de Ryanair : la Commission qui “ne fait rien”, le rapport Draghi brandi comme mot-clé de compétitivité, et les demandes persistantes d’améliorer les contrôles d’espaces aériens. Du connu. La vraie nouveauté, elle, est beaucoup plus terre à terre : en Belgique, Ryanair ne fait pas semblant. Elle retire des sièges, comme elle l’a déjà fait dans d’autres pays et/ou régions.
Et à partir de là, la question n’est pas de savoir si on aime O’Leary. La question, c’est ce que la Belgique pense obtenir en renchérissant le billet, alors que le débat sur Ryanair dépasse largement la fiscalité.
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