GoVolta fait ses premiers pas commerciaux entre Amsterdam et Berlin / Hambourg

La société ferroviaire privée open-access GoVolta a lancé ce jeudi 19 mars son tout premier service commercial entre les gares d’Amsterdam Centraal et Berlin Gesundbrunnen, qui a affiché complet. Ce vendredi est lancée la nouvelle liaison entre Amsterdam Centraal et Hamburg-Harburg. Avec des voitures i10 de la SNCB, GoVolta est donc désormais les rails et ambitionne Amsterdam – Paris pour décembre, avant de viser Bâle et Munich pour l’horaire 2028, avec de nouvelles voitures achetées ou louées.
8h35 pétantes : le premier service ferroviaire GoVolta entre Amsterdam Centraal et Berlin Gesundbrunnen a donc débuté ce jeudi 19 mars, après de nombreux mois de flottement et d’incertitude sur qui allait entrer sur le marché open-access international. Un deuxième service entre Amsterdam Centraal et Hamburg-Harburg sera lancé ce vendredi matin.
“On ne se positionne pas comme du low-cost, mais comme une offre au juste prix”, commente d’emblée son co-fondateur Hessel Winkelman : le prix d’appel pour le service se situe déjà autour de 19 euros, jusqu’à environ 59 euros l’aller simple. Concrètement, la nouvelle liaison de ce jeudi vient concurrencer les ICE Berlin – Amsterdam, roulant jusqu’à sept fois par jour entre Amsterdam Centraal et Berlin Hbf, en plus des European Sleeper réguliers Bruxelles – Prague via Amsterdam et Berlin. Vers Hambourg, elle est sans concurrence directe, hormis l’aérien avec KLM, comme pour Berlin, ainsi que les Flixbus.
Ce service, qui prend entre six heures et demie et sept heures et demie dans chaque sens, est effectué trois fois par semaine et s’arrête dans les gares d’Amersfoort Centraal, Deventer, Hengelo, Bad Bentheim, Osnabrück Hbf et Hannover Hbf. Jusqu’au 11 juin, les trains font leur terminus à Berlin Gesundbrunnen avant d’être déplacés à Berlin-Spandau.
Côté Hambourg, les arrêts sont également Amersfoort Centraal, Deventer, Hengelo, Bad Bentheim, auxquels s’ajoutent Bremen Hbf et Hamburg-Harburg, pour un trajet oscillant entre 5h30 et 6h.
Par ailleurs, même si GoVolta ne vend pas de billet sur le réseau domestique aux Pays-Bas, elle est autorisée à le faire en Allemagne.
Keolis Nederland, initialement prévu dans le projet, a récemment jeté l’éponge. En effet, selon Treinreiziger, la société d’origine française n’avait pas le permis approprié pour l’Allemagne et n’avait pas eu assez de temps pour former son personnel. GoVolta n’ayant que peu de temps, ils ont été remplacés au pied levé par Train Charter Services.
8 à 10 voitures
“Nous étions totalement complets (aujourd’hui, ndlr)”, soit 648 personnes, réparties en six voitures de 86 places de 2e classe (Economy) et deux voitures de 66 places de 1ère classe (Comfort). Selon l’affluence, GoVolta peut augmenter sa capacité à 820 voire 1000 voyageurs.
Dans le train inaugural de Berlin, une voiture a été conservée en réserve, l’objectif étant de ne garder aucun voyageur debout, même en cas d’aléas. Pour l’inaugural, les profils et les occupations des voyageurs étaient très variés.
Selon le co-fondateur, le taux de remplissage varie entre 80 et 100% vers Berlin et entre 60 et 80% vers Hambourg, “les gens ont besoin d’être familiers avec cette nouvelle possibilité de voyage”.
La composition de voitures type i10 ex-SNCB (La Brugeoise et Nivelles), est d’abord tractée par une Alstom Série 1700 ex-NS, appartenant également à Train Charter Services, jusqu’à Bad Bentheim, puis par une Siemens Vectron, louée auprès de Railpool, jusque Berlin ou Hambourg. Les voitures i10, des années 80, ont été remises en état par Brouwer Technology.
Même si on peut encore voir de l’Helvetica, du rouge et bleu, du français ici et là ou des carnets de bord estampillés SNCB à l’intérieur des voitures, les voitures ont été recouvertes de film jaune et bleu de la société néerlandaise. Également à l’intérieur des voitures, certaines ont été pelliculées, malgré les traces évidentes de leur ancien propriétaire.
“La plupart d’entre elles étaient encore en service il y a seulement quelques semaines avant de nous être remises. Cela nous a permis de les remettre relativement rapidement en exploitation, en nous concentrant sur les aspects essentiels : la sécurité et la fiabilité pour les passagers”, sans compter un retard de trois semaines à cause de l’hiver.
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Une voiture lounge encore en attente
De plus, une voiture Lounge (restaurant) fera bientôt partie du convoi, dans quelques mois si tout va bien.
“Elle est dans une situation différente. Elle était à l’arrêt depuis environ deux ans, ce qui signifie qu’il y a beaucoup plus de travail à effectuer pour la remettre en état. Nous avons donc fait le choix de prioriser la mise en service des voitures voyageurs. Même si la voiture lounge fait partie de notre concept, elle n’est pas indispensable pour lancer l’exploitation. Nous préférons offrir un service fiable dès maintenant, et compléter ensuite avec la voiture restaurant.”
Cela permettra de réserver à l’avance des lunches comme des dîners à bord du train mais également de se restaurer.
“Elle est homologuée pour circuler à 200 km/h, alors que les autres voitures sont limitées à 160 km/h. Cette différence implique que les pièces ne sont pas interchangeables, ce qui complique la maintenance. Comme nous ne disposons que d’une seule voiture restaurant, nous dépendons fortement de nos fournisseurs […] Le problème ne concerne pas l’intérieur, celui-ci est prêt, mais bien les aspects techniques.”
Entre-temps, pas de service à bord. “Il vaut mieux un catering complet qu’une partie”, glisse-t-on chez GoVolta.
Des options
En réalité, ce service offre également la possibilité de choisir son propre siège pour 19 euros, ainsi qu’un changement de nom possible. Un autre package comprend les options à 19 euros, mais aussi le changement de dates de manière illimitée, ainsi que la possibilité de prendre un grand bagage avec, le tout pour 39 euros lors de la réservation.
Niveau bagages, la société néerlandaise offre deux pièces gratuites à bord : 55x40x25 cm et 30x20x15 cm.
La Comfort Class est accessible en “upgrade” à partir de 20 euros (plus de 40 euros à certaines dates), pour pouvoir non seulement avoir un accès à un meilleur siège (de 1ère classe), mais également pouvoir s’asseoir dans le sens de la marche ou à contresens, le tout avec plus d’espace pour stocker les bagages.
Pas de Wi-Fi ni de prise électrique, mais GoVolta prévoit de trouver une solution avec des sortes de boîtes protégées (par un code PIN) pour la recharge de téléphones (6 à 9) à chaque extrémité de voiture, car une autre solution de transformation électrique à travers le plancher et les sièges s’avère trop coûteuse.
Expansion jusque décembre
Entre-temps, GoVolta espère passer à une liaison quotidienne à partir de juillet dans chaque liaison, qui reste dépendante de l’arrivée hypothétique d’investisseurs, afin d’acquérir 13 nouvelles voitures i10 ainsi qu’une deuxième voiture restaurant ou, dans le cas contraire, louer des voitures, confie M. Winkelman.
Par ailleurs, en raison de travaux préparatoires sur le corridor Lehrte – Berlin par le gestionnaire DB InfraGo à partir de fin septembre, puis les gros travaux courant 2027, GoVolta voudrait unifier temporairement les services vers Berlin et Hambourg. Cela concerne le tronçon Bad Bentheim – Berlin-Spandau, avec des trains qui seraient déviés via Bremen Hbf et Hamburg-Harburg de manière quotidienne, au lieu de s’arrêter à Hannover Hbf et Osnabrück Hbf. GoVolta ne souhaitant pas se retrouver devant le fait accompli d’un hypothétique refus de sillon.
“Nous avons introduit une demande dès décembre. DB InfraGO devait répondre sous sept jours. Nous sommes maintenant en mars… et nous n’avons toujours pas de réponse”, déplore son co-fondateur. “Nous ne savons donc pas encore ce qu’il se passera après le mois d’octobre. Notre objectif reste d’assurer une liaison quotidienne via Hambourg vers Berlin, avec un aller-retour dans la journée. Si nous ne pouvons pas obtenir cette connexion, nous disposons déjà d’un horaire confirmé pour une desserte quotidienne vers Hambourg.”
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Paris via Gand et peut-être les Hauts-de-France ?
Enfin, GoVolta travaille sur le lancement d’une liaison entre Amsterdam et Paris, probablement entre Amsterdam Centraal et Paris-Nord, qui devrait voir le jour si tout va bien en décembre 2026, pour l’horaire 2027. Cependant, il est clair que GoVolta ne veut pas seulement créer de la concurrence directe, elle veut également améliorer le maillage de la liaison, voulant également s’arrêter entre autres à Haarlem, La Haye, Rotterdam, Roosendaal ou encore Anvers.
“La liaison vers Paris est vraiment pensée pour un public différent de celui d’Eurostar. Il ne s’agit pas seulement du niveau de prix ou du service à bord, mais aussi d’aspects pratiques. Tout le monde ne vit pas dans une ville où il y a une gare, et beaucoup de gens ont une voiture. Si l’on veut convaincre ces personnes de prendre le train plutôt que leur voiture, il faut leur proposer un endroit où elles peuvent se garer facilement, en toute sécurité et gratuitement.”
“La grande différence avec Eurostar, c’est que nous allons desservir une petite gare aux Pays-Bas, entre Rotterdam et Roosendaal : Lage Zwaluwe. C’est la gare la plus mal notée des Pays-Bas, et c’est justement pour ça que j’aime en parler, parce qu’elle a énormément de potentiel. Si vous voulez vous garer près d’Amsterdam Centraal, cela peut coûter jusqu’à 80 euros par jour. Personne ne fait ça. À Lage Zwaluwe, en revanche, on peut se garer facilement, rejoindre le quai en deux minutes, et monter dans le train”, constate le co-fondateur.

“Les gens disent que la gare est mauvaise parce qu’il n’y a pas de café, pas de toilettes, ce genre de choses… mais en réalité, ils n’en ont pas besoin. Ils se garent, montent dans le train, et nous proposons tous les services à bord. La gare est en plus située juste à côté d’une sortie d’autoroute (A16, ndlr), ce qui la rend très accessible, notamment pour les habitants du sud des Pays-Bas et du nord de la Belgique.”
Même si GoVolta est prioritaire sur les sillons car acteur international, ils souhaitent exploiter une liaison internationale via Gand. “Il existe déjà beaucoup d’offres entre les Pays-Bas et Bruxelles, ainsi que vers Paris, donc nous ne voyons pas vraiment quelle valeur supplémentaire nous pourrions apporter sur cet axe. En revanche, il n’y a pas de liaison directe entre les Pays-Bas et Gand, ni entre Gand et Paris. En proposant cet itinéraire, nous pensons apporter davantage de valeur au réseau.”
Mais surprise, la société envisage également un arrêt commercial dans les Hauts-de-France, dans la Métropole Européenne de Lille, à Tourcoing. Il s’agit en fait d’une recommandation de SNCF Réseau pour “faciliter l’accès au réseau et d’obtenir les autorisations nécessaires. C’est davantage un aspect technique qu’un choix purement commercial.”
Bâle et Munich ?
Enfin, dans les cartons, GoVolta aimerait lancer pour l’horaire 2028 une liaison entre Amsterdam et Munich et entre Amsterdam et Bâle.
“Pendant longtemps, il existait un train direct entre Amsterdam et Bâle (l’ICE, ndlr), et il était toujours complet. Mais la Deutsche Bahn l’a retiré du service en raison de problèmes de matériel roulant, et je pense que beaucoup de voyageurs le regrettent.”

“Pour nous, Bâle est plus compliqué d’un point de vue commercial et opérationnel. Nous ne pouvons pas faire l’aller-retour dans la même journée. Cela signifie que nous devons stationner le train à Bâle pendant la nuit, puis revenir le lendemain. Et le stationnement de nuit est précisément la raison pour laquelle nous n’avons pas pu exploiter cette ligne par le passé. Nous avions un sillon, mais nous n’avions pas de solution de stationnement.”
Les Néerlandais, avec d’abord European Sleeper puis désormais GoVolta, rabattent lentement mais sûrement les cartes du ferroviaire international et national de l’Europe de l’Ouest, mettant fin au monopole public. Les billets sont déjà disponibles chez des partenaires comme Kruidvat ou Albert Heijn et seront bientôt disponibles via la plateforme NS International.
Sur le sujet :
GoVolta se lance en voitures i10 ex-SNCB entre Amsterdam et l'Allemagne
La société néerlandaise GoVolta a annoncé ce lundi l’arrivée de deux nouveaux trains low-cost transfrontaliers, entre Pays-Bas et Allemagne, vers Berlin et Hambourg, à partir de mars 2026, notamment en collaboration avec Keolis Nederland. 13 voitures i10 des années 80 en provenance de la SNCB seront remises en service sur ces deux liaisons.
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