La société ferroviaire néerlandaise open-access GoVolta, active entre Amsterdam et Berlin depuis mars dernier, et brièvement vers Hambourg, lance ce mercredi une levée de fonds sous forme d’obligations à hauteur de 1,5 million d’euros. En plus de sa liaison vers Paris, prévue le 14 décembre prochain, dont l’ouverture de la billetterie est attendue dans les prochains jours, l’entreprise ambitionne de lancer des liaisons vers Copenhague, Bâle et Munich dès 2029, après un renforcement attendu de ses dessertes vers Paris et Berlin et l’abandon d’Hambourg.
1,5 million d’euros sous forme d’obligations via la plateforme Eyevestor : la startup ferroviaire néerlandaise open-access GoVolta a annoncé ce mercredi l’ouverture de sa levée de fonds, après avoir été lancée sur fonds propres en trois ans par ses cofondateurs Hessel Winkelman et Maarten Bastian.
Concrètement, les investisseurs peuvent participer à partir de 1000 euros minimum, par tranche supplémentaire de 500 euros, avec un taux d’intérêt annuel annoncé de 10%, payé tous les mois, pendant 30 mois.
Répartition diverse
Selon GoVolta, les fonds récoltés doivent permettre d’accélérer le développement de l’entreprise autour de trois axes principaux. La moitié du montant levé (50%) serait consacrée à l’extension de la flotte, avec un passage prévu de 11 à 22 voitures i10, en provenance de la SNCB, notamment afin de rendre possible le lancement de la future liaison Amsterdam – Paris.
35% des fonds serviraient à préparer le lancement opérationnel de cette liaison, tandis que les 15% restants seraient investis dans le renforcement des équipes (comptant actuellement 3 employés propres, sans inclure les prestataires externes), ainsi que dans les activités commerciales et marketing.
GoVolta affirme par ailleurs avoir déjà sécurisé une partie importante des moyens nécessaires à son développement : les fondateurs disent avoir injecté 2 millions d’euros de fonds propres dans le projet, auxquels s’ajoutent 2,2 millions d’euros investis dans le matériel roulant, correspondant à 22 voitures destinées au service.
L’entreprise mentionne également environ 650 000 euros provenant de partenaires et fournisseurs, ainsi que plus d’un million d’euros sous forme d’accords commerciaux, avec un objectif de croissance vers 2 millions d’euros de revenus trimestriels, soutenus par des engagements sur deux ans.
Au total, plus de 5,85 millions d’euros auraient déjà été investis dans le projet, selon les chiffres avancés par l’entreprise.
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Modifications opérationnelles
GoVolta, qui s’est élancée entre Amsterdam et Berlin le 19 mars, puis entre Amsterdam et Hambourg le lendemain, a récemment décidé d’arrêter sa liaison vers Hambourg au bout d’un mois et demi, en raison d’un taux de remplissage trop faible (60% seulement) pour être rentable, tandis que Berlin afficherait un taux moyen de 70%.
La liaison vers la capitale allemande a enregistré un taux de remplissage de 65% en mars, 71% en avril et 73% en mai (jusqu’à présent), et atteindrait 80% d’ici septembre, selon les prévisions données par la société.
La liaison vers Berlin sera, quant à elle, étendue de trois à six trains par semaine, à compter du 1er juillet, alors que déjà dès que le 14 juin, le terminus est déplacé de Berlin Gesundbrunnen à Berlin-Spandau.
La société assure par ailleurs avoir vendu pas moins de 90 000 billets en trois mois. De plus, GoVolta ouvrira dans les prochains jours la billetterie de son Amsterdam – Paris, prévue pour le 14 décembre prochain, avec les arrêts à Arras et Longueau encore en suspens. L’horaire déposé auprès de l’Autorité de Régulation des Transports (ART) en France est similaire à celui du sillon utilisé, confirme GoVolta à mobilithib.
“Paris est la destination demandée numéro un par nos clients, l’Eurostar est devenu surpeuplé et excessivement cher depuis des années”, insiste la société.
Dans le même temps, GoVolta a confirmé, via une société partenaire, son option pour 11 voitures i10 supplémentaires. De plus, la voiture lounge de 40 sièges est prévue dans les prochaines semaines vers Berlin, en plus d’une deuxième planifiée vers Paris.
“Petit-déjeuner, déjeuner et dîner : pas de repas d’avion réchauffés, mais des plats frais servis au restaurant”, assure GoVolta.
Ambitions long-terme
La société néerlandaise prévoit de plus ou moins maintenir son rythme de développement en 2027, avec le lancement de Paris, mais aussi le passage de six à sept trains hebdomadaires vers Berlin, ce qui sera le cas dès le 13 décembre prochain, sauf rares exceptions. L’année suivante, GoVolta souhaiterait passer à deux trains quotidiens vers Paris (avec un départ matinal de France et un l’après-midi des Pays-Bas) et Berlin.
Elle reste optimiste quant au lancement potentiel de Copenhague, Bâle et Munich à partir de 2029, en plus d’un passage à trois trains par jour vers Paris et Berlin.
La société affiche également des ambitions financières importantes pour les prochaines années. Sur la base de sa trajectoire de croissance actuelle, la startup table sur un chiffre d’affaires de 7,9 millions d’euros en 2026, année décrite comme une phase de démarrage avec des opérations partielles débutées en mars. Ce chiffre d’affaires grimperait à 32 millions d’euros en 2027, année marquée par le lancement attendu de la liaison vers Paris, avant d’atteindre 68 millions d’euros en 2028, avec une expansion supplémentaire du réseau.
Enfin, l’entreprise prévoit parallèlement une forte hausse du nombre de passagers transportés, passant d’environ 320 000 voyageurs en 2026 à 700 000 en 2027, puis 1,4 million en 2028. GoVolta estime atteindre une rentabilité complète à partir de 2027, avec un bénéfice net projeté de 2,6 millions d’euros, contre une perte attendue de 800 000 euros en 2026.
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