Heurotrain, une start-up néerlandaise, voudrait lancer au plus tôt en 2030 une nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse entre Paris, Bruxelles et Amsterdam, avant de s’étendre depuis les Pays-Bas vers l’Allemagne et le Royaume-Uni. À l’heure actuelle, Heurotrain cherche 300 000 euros pour éponger ses pertes, avant de commencer ses tours de table, pour espérer réunir environ 650 millions d’euros (350 millions de dettes bancaires et 300 millions en fonds propres), afin de se préparer au lancement de ses propres opérations. À bord, on retrouve notamment des anciens cadres de Qbuzz et les NS (Nederlandse Spoorwegen).
La start-up néerlandaise Heurotrain, basée à Amsterdam, cherche à lever 300 000 euros via un prêt convertible en actions de la société sur la plateforme Eyevestor. Le projet de la société, qui n’est donc pas encore un opérateur ferroviaire à grande vitesse, est de lancer en 2030, au mieux, dix liaisons aller-retours quotidiennes entre Amsterdam, Bruxelles et Paris puis à terme s’élancer depuis les Pays-Bas (Amsterdam) vers Londres, Francfort, Berlin et Hambourg, avec d’abord 8 à 12 trains à grande vitesse.
Lors de la première annonce de novembre 2023, Heurotrain était assez optimiste, voulant se lancer dès 2028 entre Amsterdam et Paris 16 fois par jour et 15 fois par jour entre Amsterdam et Londres.
Cependant, réalistiquement, la liaison vers Londres semble être compliquée à mettre en œuvre, en raison de la saturation des terminaux douaniers des gares de Rotterdam Centraal et d’Amsterdam Centraal.
Pas de chiffre d’affaires
À l’heure actuelle, l’entreprise se trouve dans une phase de pré-revenus et cherche déjà à renflouer sa trésorerie et espère obtenir des financements supplémentaires pour finaliser son tour de table de lancement, comprenant environ 300 millions d’euros en fonds propres et 350 millions d’euros en dette, prêtés par des banques, intéressées par le projet mais bloquées tant que les fonds propres ne sont pas garantis.
Ces fonds permettraient à la société d’acheter les trains et de préparer le début de ses opérations. “Si le tour de table de lancement n’aboutit pas, Heurotrain ne pourra pas acquérir les trains ni poursuivre les préparatifs nécessaires au démarrage des opérations.“
Côté management, on retrouve le CEO Gerrit Spijksma, ancien CEO de Qbuzz et président d’OV-NL, le CFO Bart van Horssen, qui a été Rail Finance Advisor au sein des NS, le COO Martien Janse, qui occupait la même position chez NS Hispeed et Strukton Rolling Stock, et les co-fondateurs Roemer van den Biggelaar et Maarten van den Biggelaar, qui occupent des postes au sein du développement des marchés et de la présidence de Heurotrain.
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Déjà en partie sur les rails
Selon sa documentation pour les investisseurs, Heurotrain indique avoir sécurisé l’accès au réseau, sous réserve de finaliser les négociations contractuelles, ainsi que son concept matériel et son implantation de maintenance. Ces étapes ne constituent pas encore des accords définitifs, mais elles montrent que la start-up a déjà posé plusieurs briques techniques essentielles avant sa levée majeure.
La feuille de route présentée par Heurotrain indique, quant à elle, que la start-up vise une première circulation commerciale en 2030. Pour y parvenir, l’année 2026 sera probablement décisive, car elle concentre la clôture de la levée de fonds de 650 millions d’euros, la signature du contrat d’achat des trains et la conclusion d’accords-cadres pour l’accès aux voies.
À partir de 2027, le calendrier bascule vers la construction du matériel roulant, la constitution de l’équipe opérationnelle, puis les phases d’homologation en 2028 et de formation en 2029. Le lancement effectif interviendrait donc en 2030, sous réserve que chaque étape se déroule comme prévu.
Côté finances, Heurotrain espère un décollage rapide : environ 67 millions d’euros de revenus dès la première année, puis une croissance qui atteindrait plus de 430 millions en 2035. L’EBITDA deviendrait positif dès 2031, avant de grimper à plus de 140 millions d’euros à l’horizon 2035.
Eurostar est depuis 1994 la seule société active entre Paris, Bruxelles et Amsterdam avec des trains à grande vitesse. Heurotrain voudrait être le premier opérateur indépendant à grande vitesse sur cette liaison. Rappelons de plus qu’Arriva ainsi que Qbuzz, soutenu par sa maison-mère Ferrovie dello Stato, voudraient lancer des services similaires dans les années à venir. Enfin, la start-up néerlandaise GoVolta voudrait également se lancer à petits prix entre Amsterdam et Paris, mais via Gand, à partir de décembre 2026.
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