La Société nationale des chemins de fer belges va supprimer la vente de titres de transport à bord de ses trains à partir de juillet 2026, selon des informations recoupées par mobilithib et confirmées de bonne source. D’après elles, toutes les personnes qui ne seront pas munies d’un billet seront par ailleurs verbalisées à hauteur de 90 euros. Accompagnateurs et associations d’usagers, globalement opposés à cette réforme, demandent davantage de clarté et de garanties, tout en doutant que leur avis soit réellement pris en compte. Déjà en mai 2023, la possibilité de payer en espèces à bord, moyennant dans tous les cas un supplément, avait été supprimée. La SNCB met en avant la volonté de réduire les agressions, un argument qui laisse plusieurs observateurs sceptiques.
Mise à jour : 30/03/26 - 17:41 CEST
Dernière mise à jour (31/03) ici :
[Mise à jour] La SNCB va mettre fin à la vente à bord le 1er juillet
La Société nationale des chemins de fer belges va supprimer la vente de titres de transport à bord de ses trains à partir de juillet 2026, a-t-elle officiellement annoncé ce mardi, confirmant les informations mobilithib de ce lundi. Tout passager qui embarque dans un train devra être muni d’un titre de transport. Si ce n’est pas le cas, l’usager s…
La SNCB va cesser la vente à bord de ses trains à partir du 1er juillet 2026, selon plusieurs sources concordantes auprès de mobilithib. Selon l’une d’entre elles, des tracts syndicaux avaient déjà circulé en interne à cet effet. Mais jusqu’à présent, la société souhaitait garder le projet confidentiel. Encore ce lundi, nous affirmions que le mois de juin ou de juillet était envisagé.
En effet, la société ferroviaire a demandé un avis au Comité Consultatif des Voyageurs (CCVF) début janvier, annonçant sa volonté de supprimer la vente à bord de ses trains. La vente de billets en espèces n’est d’ailleurs plus possible depuis mai 2023. Selon les données de la SNCB en 2023, la vente à bord ne concernait que 2 % des titres vendus par la société.
Projet très avancé
Une fois remis, cet avis est discuté au sein du Conseil d’administration de la SNCB et du cabinet du ministre fédéral de la Mobilité, en l’occurrence Jean-Luc Crucke. Selon plusieurs sources, cet avis n’aurait toutefois pas encore été formellement transmis à ce stade.
Jusqu’à présent, mobilithib n’avait pu obtenir d’informations supplémentaires sur le stade précis de la réflexion, mais selon certaines sources, le projet était déjà très avancé en interne, au point que “plus personne parmi les accompagnateurs ne niait [la suppression]”. Encore mi-mars, la décision n’avait semble-t-il pas encore été prise par le conseil d’administration.
Des équipes volantes contractuelles de contrôle des billets pourraient être déployées dans certains trains, en plus de la présence habituelle des accompagnateurs, même si Duncan Smith, vice-président de l’association Navetteurs.be, constate leur quasi-absence depuis deux ans. Selon une source, ces équipes sont composées de moins de 50 personnes à travers tout le pays.
Aux Pays-Bas, il n’est plus possible depuis octobre de payer son billet dans le train. C’est également le cas depuis 2022 dans les connexions longue distance de la Deutsche Bahn. Au Luxembourg, il est encore possible de payer dans le train (avec majoration) pour des billets de 1re classe ou des billets transfrontaliers. En France, seuls quelques services spécifiques permettent encore aux voyageurs d’acheter leur billet à bord.
Avis “nuancé”
Dans ce cadre, le Comité, composé de nombreuses associations de défense des navetteurs, comme TreinTramBus, Navetteurs.be ou le GUTIB (individuellement contactés), ainsi que de syndicats, a remis un avis très nuancé sur cette volonté.
“Notamment en raison du caractère disproportionné des contraintes qui seront imposées aux voyageurs non abonnés embarquant dans l’un des points d’arrêt où il n’y a pas d’automate”, explique Duncan Smith.
“En soi, TreinTramBus estime que la suppression de la vente à bord des trains n’est pas une bonne chose. La SNCB ne souhaite plus respecter l’obligation légale selon laquelle, lors de la vente de billets, aussi bien les pièces et billets que les paiements numériques doivent être possibles. Elle supprime donc immédiatement l’ensemble du dispositif. Mais les voyageurs doivent pouvoir acheter des billets de train facilement via différents canaux. Or, ce n’est actuellement pas du tout clair”, commente l’association TreinTramBus, via son président Peter Meukens.
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Flou chez les accompagnateurs et les usagers
Avec la confidentialité du projet, les accompagnateurs étaient dans le flou en ce qui concerne leur futur travail à bord, notamment vis-à-vis des personnes qui ne sont pas munies d’un titre de transport. Aucune formation interne n’a encore été dispensée sur les actions à adopter ni sur la communication à tenir.
“J’ose espérer qu’il y ait des codes (titres de régularisation, ndlr), pour ne pas infliger une amende de 90 euros à une personne de bonne foi qui n’a pas eu le temps d’acheter son titre”, déplore une source. “Ou alors des titres à faire payer plus tard, mais je crains que certaines personnes en abusent.”
Mais selon plusieurs sources, toute personne qui ne sera pas munie d’un titre de transport se fera infliger un C170, soit l’amende de 90 euros.
Une autre source s’interroge également sur la gestion des surclassements (de 2e vers 1re classe), les accompagnateurs ne sachant pas encore s’ils devront, à l’avenir, infliger une amende, proposer une régularisation via un guichet ou un automate, par exemple.
Par ailleurs, dans 15 gares sur les 554 que compte la SNCB, aucun automate n’est présent et les voyageurs non équipés de smartphones ou non abonnés avaient pour habitude de se régulariser auprès de l’accompagnateur, dans le cadre des exceptions existantes.
Navetteurs.be craint que des voyageurs soient pénalisés en devant systématiquement se rendre à un guichet pour régulariser leur titre de transport et a inscrit dans l’avis du CCVF l’exigence d’aménagements raisonnables pour les voyageurs concernés.
L’absence d’automate concerne les gares d’Erquelinnes, Forchies, Froyennes, Hambos, Heizijde, Hourpes, Marchienne-Zone, Callenelle, Dolhain-Gileppe, Maubray, Ougrée, Piéton et Forest-Midi, selon La Libre Belgique, pour cause de vandalisme, “liés à des actes parfois assez anciens”, déplore Navetteurs.be. À Stockem et Viville, il s’agit de raisons techniques propres à la SNCB.
Des conditions jugées nécessaires
“Si la vente à bord est supprimée, TreinTramBus estime qu’un certain nombre de conditions doivent être remplies : un voyageur qui n’a pas pu acheter de billet parce que l’automate sur le quai était hors service ou parce que la file d’attente au seul automate était trop longue ne doit pas être considéré comme fraudeur ni être sanctionné.”
En outre, “la SNCB doit également communiquer beaucoup plus clairement sur les possibilités d’achat de billets par des moyens non numériques, car tout le monde ne dispose pas d’un smartphone ou d’un accès à internet mobile, ni ne sait forcément s’en servir.”
Enfin, à partir de 2027, de nouveaux automates devraient être installés et accepter aussi les billets. “Tant que ce renouvellement n’est pas effectif, la suppression de la vente à bord ne doit pas être mise en œuvre. Enfin, la SNCB doit prévoir, dans ou à proximité des gares non desservies, des « Points Train » au sein de commerces ou de cafés, afin de permettre aux voyageurs d’acheter physiquement un billet”, renchérit M. Meukens.
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Crainte des parties concernées
Par ailleurs, les accompagnateurs, les observateurs ainsi que les associations craignent que, même si l’avis n’est guère positif, celui-ci ne soit pas pris en compte dans la décision finale du conseil d’administration.
Des réserves avaient déjà été émises concernant la nouvelle offre tarifaire lancée en octobre dernier, avantageuse pour certains, désavantageuse pour d’autres.
Un autre point soulevé concerne la rapidité de mise en œuvre : la nouvelle billetterie d’octobre 2025 (appelée NPO pour New Price Offer à la SNCB), incluant la carte Train+, n’a été officialisée que neuf jours avant sa mise en place, malgré son importance pour les clients.
Tarif à bord depuis plus de 15 ans
Jusqu’en février 2015, un supplément minimum de 3 euros pouvait être appliqué, voire pas appliqué du tout, à bord, notamment lorsque le voyageur signalait spontanément l’absence de titre de transport. Celui-ci pouvait toutefois atteindre 12,50 euros dans le cas contraire. Ce système, jugé peu uniforme et source d’abus, a conduit à l’instauration d’un tarif fixe de 7 euros en 2015, avant de passer à 9 euros en 2023.
Cette surtaxe ne s’applique actuellement pas en cas de dysfonctionnement du seul automate en gare, de l’absence d’automate, pour des produits indisponibles aux automates, en cas de panne générale du système ou pour certains trajets transfrontaliers, entre autres.
Des exceptions seront mises en places pour les liaisons internationales, par exemple les EuroCity vers Rotterdam ainsi que les Eurocity Direct et autres trains suburbains ou Intercity vers la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Luxembourg, confirmant une information mobilithib.
Agressions en hausse ?
D’après la SNCB, le retrait de la vente à bord vise à “limiter le risque d’agressions”. TreinTramBus comprend cet argument et l’aspect sécuritaire : “il est évidemment plus sûr que l’accompagnateur de train ne circule pas avec de grosses sommes d’argent sur lui.”
Une hausse des agressions a été observée ces dernières années : 1 908 cas avaient été recensés en 2022, 2 298 en 2023 et 2 102 en 2024. Une source déplore que, malgré cette évolution, la direction de la SNCB n’ait pas fait machine arrière.
“Les seuls accompagnateurs à s’être mobilisés contre la suppression (du cash) craignaient justement que celle-ci augmente le risque d’agressions”, constate M. Smith.
“En résumé, la SNCB agit ici de manière peu conviviale pour le client et peu orientée vers le service. Il est donc presque inévitable que des voyageurs occasionnels commettent des erreurs. Mais pour la SNCB, ils sont immédiatement assimilés à des fraudeurs”, conclut M. Meukens.
Des primes revues
Parallèlement, la SNCB prépare une modification du système de primes accordées aux accompagnateurs de train. Selon nos informations, une prime liée aux ventes à bord est remplacée par un système basé sur le nombre de contrôles effectués.
“Pour la SNCB, la moyenne est de 1 850 scans par mois, ce qui est très peu”, affirme une source.
Les accompagnateurs sont incités à atteindre certains seuils mensuels de scans de billets et de cartes MoBIB, avec une prime progressive allant de 7 euros pour 500 scans à 85,5 euros nets pour 6 000 scans.
Dans le détail, plusieurs paliers sont prévus, notamment 24,5 euros pour 1 000 scans, 55,5 euros pour 2 000 scans, 70,5 euros pour 3 000 scans, 75,5 euros pour 4 000 scans et 80,5 euros pour 5 000 scans.
“Pour ceux qui recevaient une prime en faisant payer 40 billets par mois, ils vont beaucoup y perdre. Et je crains que cela concerne une large partie des accompagnateurs”, ajoute une source.
Un autre interlocuteur craint que ce nouveau régime de primes n’encourage un certain laxisme chez certains accompagnateurs, en privilégiant le nombre de scans au détriment du contrôle approfondi en cas de fraude ou de titre invalide.
Jusqu’à présent, cette prime de scan est en test dans les dépôts de Namur et de Bruxelles, de manière hybride avec la prime de vente à bord. En fonction de ce qui rapporte le plus sur un mois, l’accompagnateur perçoit l’une ou l’autre prime.
Affaire à suivre.
mobilithib a contacté la SNCB, plusieurs syndicats ferroviaires ainsi que le Ministère fédéral de la Mobilité pour un commentaire, mais n’a reçu aucune réponse avant la publication de l’article.
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Les machines sont horriblement lentes et compliquées à utiliser. L'appli ne marche pas bien sur les anciens téléphones et la 4G est complètement saturée (par ex à Centrale).
Ils pourraient vendre des tickets à des tarifs par zone aux librairies par exemple, vu qu'il n'y a plus de guichet.