
L’aéroport de Charleroi, deuxième plateforme belge, s’apprête à lancer sa saison estivale avec plus de 130 destinations opérées par cinq compagnies aériennes. Ryanair dominera une nouvelle fois largement l’offre, avec plus de 80 % des vols. Une nouvelle liaison sera lancée par Wizz Air, tandis qu’une autre sera annualisée par Ryanair. Après la non-approbation de la taxe communale de 3 euros par passager, la compagnie irlandaise continue par ailleurs de faire pression contre la taxe fédérale qui passera à dix euros par billet au 1er janvier prochain.
Une destination désormais annualisée et une toute nouvelle liaison au départ de l’aéroport de Charleroi : voilà, globalement, les principales nouveautés pour le deuxième aéroport belge à l’approche de la saison d’été, qui débutera le 29 mars et s’achèvera fin octobre.
Au total, jusqu’à environ 790 rotations hebdomadaires seront opérées au départ du BSCA, dont ~84 % assurées par Ryanair.
La compagnie irlandaise célébrera d’ailleurs le 26 avril prochain les 25 ans de sa base de Charleroi, avec 112 liaisons au programme. L’été dernier, Ryanair en opérait 117, mais a depuis mis un terme à ses vols vers les Asturies, Tel Aviv, Ponta Delgada, Nantes, Bergerac et Glasgow. Seule la liaison vers Newcastle, lancée en octobre dernier, sera désormais annualisée.
À noter également le nouveau switch saisonnier entre Rome-Ciampino (hiver) et Rome-Fiumicino (été).
De plus, la saison d’été commencera plus tôt vers Barcelone Reus, Vérone, Ibiza, où les liaisons recommenceront à partir du 17 mars, soit une semaine et demie avant le début officiel de la saison.
Dix-huit à dix-neuf Boeing 737-800 ou 737 MAX 8-200 resteront basés à Charleroi, sans changement par rapport à 2025.
Légère progression de Wizz Air
La compagnie hongroise Wizz Air enregistrera pour sa part une légère progression avec l’ouverture d’une nouvelle liaison vers Târgu Mureș (Roumanie), située à l’est de Cluj-Napoca. Les vols débuteront le 29 mars, à raison de deux fréquences hebdomadaires, les mercredis et dimanches.
Les vols vers Suceava, relancés en décembre dernier, seront également maintenus à raison de deux rotations par semaine.
En revanche, Bucarest Băneasa (BBU), opérée en complément d’Otopeni (OTP) durant la saison hivernale actuelle, ne sera pas reconduite cet été. Wizz Air proposera ainsi 15 destinations au départ de Charleroi.
Du côté d’Air Corsica, le programme reste globalement stable, malgré une très légère augmentation des fréquences vers Calvi.
Chez Pegasus Airlines, les 17 vols hebdomadaires entre Charleroi et Istanbul Sabiha Gökçen seront maintenus. En revanche, le charter du voyagiste Sunweb vers Antalya ne sera plus opéré qu’une seule fois par semaine, au lieu de deux, et uniquement à partir de fin août. Les fréquences supprimées seront transférées vers Bruxelles, où la destination passera de deux à quatre rotations hebdomadaires.
Enfin, Volotea desservira Bordeaux jusqu’à fin juin, avant de reprendre ses vols vers Nice durant les grandes vacances. Les rotations vers Bordeaux reprendront ensuite jusqu’en mars 2027. À noter également que la liaison Charleroi – Nantes est opérée depuis le 12 février jusqu’au 1er mars 2026. Elle sera relancée du 3 novembre 2026 au 5 janvier 2027, puis à nouveau entre le 19 février et le 16 mars 2027.
Au total, 134 à 135 destinations seront proposées durant la saison estivale (soit 122 à 123 uniques).
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Menace pour l’hiver
Ryanair a toutefois menacé de retirer cinq de ses 18 ou 19 avions basés à Charleroi pour l’hiver 2026-2027, comme annoncé il y a un mois. Une telle décision entraînerait une réduction des fréquences hivernales et, selon la compagnie, la perte d’environ un million de sièges par an, contre 650 000 selon l’aéroport.
En cause : la taxe fédérale sur les billets d’avion, qui passera de cinq à dix euros par passager à partir du 1er janvier. Une mesure que Ryanair conteste vivement.
Après ces annonces, plusieurs rumeurs ont circulé concernant d’éventuelles suppressions de liaisons. Certaines publications ont évoqué la fermeture de Billund, pourtant opérée pour la dernière fois en octobre 2024, ou encore celle de destinations roumaines comme Cluj ou Iași, alors même que la saison hivernale n’est pas encore achevée et que celle de l’été 2027 reste lointaine.
Il y a quelques semaines, le gouvernement wallon a par ailleurs décidé de ne pas autoriser la taxe de 3 euros par passager que la Ville de Charleroi souhaitait imposer à la société gestionnaire BSCA.
Une mesure qui, selon cette dernière, aurait compromis le développement de la troisième base de Ryanair après Dublin et Londres-Stansted. L’aéroport entend en effet investir 100 millions d’euros dans un Masterplan visant notamment à moderniser ses infrastructures, en créant par exemple une nouvelle zone de sûreté.
Si Ryanair devait effectivement retirer plusieurs avions, l’impact serait significatif : environ 1100 emplois directs et indirects seraient menacés, d’après les comptes du BSCA. La compagnie reste toutefois liée à l’aéroport par un contrat-cadre courant jusqu’à fin 2030 et affiche toujours son ambition d’atteindre 20 millions de passagers annuels d’ici dix ans, contre 10,5 millions actuellement. Les Irlandais affirment par ailleurs vouloir poursuivre leur croissance en Belgique, y compris à Bruxelles-Zaventem.
Selon Belga, l’aéroport de Charleroi a accueilli 11,2 millions de passagers l’an dernier, un record pour la plateforme. En 2024, 10,5 millions de voyageurs avaient été enregistrés.
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