
L’aéroport de Charleroi se dote d’une nouvelle infrastructure, qui servira au moins jusqu’à fin 2028 de zone sûreté, en face du Terminal 1. Après des files interminables lors des pics vacanciers, la société gestionnaire a imaginé et fait construire un bâtiment qui accueillera les passagers en partance, avec 14 lignes de contrôle. L’ouverture a eu lieu le 29 mars mais l’infrastructure a été officiellement inaugurée ce 23 avril 2026. L’objectif : réduire le stress des voyageurs et apaiser les tensions avec les partenaires qui réclamaient de meilleures conditions de travail. Deux lignes seront maintenues dans le terminal, destinés aux PMR et aux Fast Track.
“On a connu ici des files d’attente interminables, des passagers énervés, des équipes sous tension”, commence d’emblée Cécile Neven, la Ministre wallonne des Aéroports : il faut dire que les derniers étés ainsi que pour les pics de vacances scolaires, très populaires chez les voyageurs, ont été une plaie pour l’aéroport de Charleroi ainsi que son personnel devant répondre présent. Il était vivement conseillé par la société gestionnaire de venir 3 heures avant le départ du vol.
“Face à cette situation, il fallait vraiment une réponse rapide, une réponse concrète et adéquate. Et cette réponse, on l’a ici devant vous. Merci au management et à toutes les équipes de BSCA et aux partenaires aussi pour ce travail réalisé. Pendant un temps si court, mais aussi avec une vision longtemps. Cinq mois, en même temps qu’il a fallu entre la décision, la procédure de marché et la réalisation. C’est vraiment un exploit.”
Désormais, l’aéroport de Charleroi a déplacé depuis le 29 mars dernier la majeure partie de sa zone sûreté (à l’exception du Fast Track ainsi que de la ligne PMR), dans un bâtiment qui ressemble à du préfabriqué. Les travaux, qui ont coûté 5 millions d’euros sur fonds propres, avaient commencé le 6 janvier et n’ont été interrompus que deux jours à cause de la neige. Celle-ci vise à optimiser la gestion des flux passagers, à l’intérieur comme à l’extérieur du terminal, afin d’offrir un parcours plus fluide, plus lisible et moins anxiogène aux heures de pointe, tout en maintenant les standards de qualité et sûreté attendus.
Plusieurs zones
L’infrastructure de 1 740 m², qui devrait être présente au moins jusqu’à fin 2028, permet de passer de neuf à quatorze lignes de contrôle (seize avec les deux du terminal). “Moins d’attente, plus de confort et on espère aussi plus de crédibilité”, espère la ministre. “Un aéroport performant, c’est un levier économique majeur”. Elle dispose en amont d’une large zone de préparation aux contrôles avec des poubelles de tri, et d’une tout aussi vaste zone d’attente claire et lumineuse.
Pour l’instant, environ sept lignes sont ouvertes, mais le nombre est adaptable en fonction des prévisions. “Avec le pic de la semaine prochaine (vacances scolaires belges francophones), nous prévoyons de monter à dix. Pour nous, il s’agit d’un test”, commente Nathalie Pierard, porte-parole de Brussels South Charleroi Airport.
De plus, 70 % des voyageurs n’ont pas besoin d’enregistrer leurs bagages car ils ne partent pas en soute. Ces voyageurs, au lieu de rentrer dans le terminal, peuvent aller directement vers la nouvelle zone. Seuls 30 % des passagers, qui optent pour un bagage en soute, doivent rentrer dans le terminal puis en ressortir quelques instants.
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Pas encore de nouvelle génération
Plusieurs passagers restent perdus, à cause des habitudes prises lors des voyages précédents, les zones de sûreté se trouvaient directement dans le terminal, malgré la présence accrue d’une signalétique appropriée. “Nous avons aussi des stewards, mais nous allons également ajouter de la signalétique au sol avec une peinture adaptée”, concède Mme Pierard. D’autres éléments visuels ont également été ajoutés pour rappeler les objets autorisés et prohibés dans les bagages à main.
Même avec ce nouveau bâtiment temporaire, les scanners restent les mêmes, par manque de place pour la nouvelle infrastructure, qui demande 25 mètres de longueur. Les secours motorisés pourront cependant toujours accéder à la Plaza Princesse Astrid, où se situe la plupart des lieux de restauration.
De plus, Brussels South Charleroi Airport voudrait renouer les liens avec son prestataire externe G4S, victime d’un absentéisme parfois trop fréquent. Le bâtiment a d’ailleurs été conçu entre autres pour laisser passer la lumière du jour et offre une hauteur de plafond bien plus importante (6,5 mètres) que dans le T1. “Un aéroport, c’est un outil au service des clients mais aussi des collaborateurs”, a commenté Gilles Samyn, président du Conseil d’administration de BSCA SA.
Christophe Segaert, CEO de BSCA, se réjouit de constater que le comportement des voyageurs a complètement changé avec l’arrivée de l’infrastructure temporaire. “Côté terminal, le hall des départs est désormais plus dégagé.” M. Segaert a par ailleurs ajouté que dans un mois, l’aéroport pourra décider, en accord avec la compagnie aérienne low-cost irlandaise Ryanair, de descendre à 2h30 ou 2h le temps d’avance conseillé. “On a observé des temps d’attente beaucoup trop importants. (…) Cette infrastructure témoigne d’une capacité collective à répondre aux défis avec agilité.”
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Et après 2028 ?
Mais Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi, déplore que parfois “l’expérience n’est pas au niveau de ce que les passagers peuvent espérer”, notamment en raison de l’étroitesse du terminal qu’il considère peut-être à raison comme “sous-dimensionné”. Pour cela, le Masterplan, menacé de suspension après la taxe communale de 3 euros par passager, qui n’a finalement pas été approuvée par la Région, prévoit dès 2029 une extension du terminal, avec les fameux longs scanners de nouvelle génération. “On a besoin d’un plan de croissance soutenable et partagé, mais la croissance doit être soutenable pour les riverains”.
À l’aube de la saison estivale, période traditionnellement la plus intensive pour l’aéroport, cette nouvelle infrastructure permet donc à l’aéroport de Charleroi d’aborder l’été 2026 dans des conditions profondément renouvelées. Les passagers bénéficient désormais d’un parcours plus fluide et plus prévisible, tandis que les équipes opérationnelles et les agents de sûreté travaillent dans un environnement mieux adapté à la montée en charge des flux.
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