Le projet de tram rapide entre Bruxelles et Willebroek, le long de l’autoroute A12, est arrêté, d’après la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder, intervenue en Commission Mobilité au Parlement flamand le 8 janvier, le dossier ne faisant pas partie du programme d’investissements intégré (GIP) 2025-2027 de la Région. Initialement, le tram devait être mis en service en 2028 puis retardé à 2031, pour un investissement de 450 à 500 millions d’euros, alors que 35 prises de possession ont déjà été réalisées entre 2017 et 2025, pour près de 13 millions d’euros.
Répondant à une question du député Hans Bonte (Vooruit) à la Commission Mobilité du Parlement flamand du 8 janvier, Annick De Ridder (N-VA) a indiqué que le projet de tram rapide entre Bruxelles-Nord et Willebroek était “arrêté”, comme l’a repéré Bruzz.
Le tram rapide, ou “sneltram”, n’était déjà pas repris dans le programme d’investissements intégré (GIP) 2025-2027 de la Région flamande, voté en juillet 2025. Le projet servait initialement à désengorger l’autoroute A12 (Bruxelles - Willebroek - Anvers), le seul axe qui ne possède pas de liaison ferroviaire avec Bruxelles et à remplacer une grande partie du bus express X60 Bruxelles - Willebroek.
Cette ligne devait s’arrêter le long de l’A12 avec les arrêts Willebroek, Londerzeel, Wolvertem, Meise et Strombeek-Bever puis continuer avec des travaux supplémentaires au Parking C, au Heysel puis à Stade, avant de rejoindre l’infrastructure STIB des lignes 51 et 15 jusque Gare du Nord, le tout en 40 minutes.
Dans les premières études du projet dans le cadre du Brabantnet (2013), différentes variantes avaient été envisagées, y compris une possible extension vers Bornem et Boom en amont de Willebroek, mais la version retenue pour réalisation restait celle entre Willebroek et Bruxelles-Nord.
Ce chantier était estimé à 450 à 500 millions d’euros, avec un début des travaux en 2026 pour se terminer en 2031, alors qu’initialement prévu pour 2028, comme le rappelle La Dernière Heure.
Cette clarification intervient après plusieurs signaux, ces derniers mois, d’un ralentissement du dossier. VRT NWS et BRUZZ rapportaient ainsi en juillet que la ministre avait indiqué qu’aucun budget ne serait dégagé pour le projet durant la législature, celui-ci n’étant “plus une priorité”, et qu’elle avait demandé à De Werkvennootschap de mettre “en pause” les étapes suivantes. Le dossier a aussi cristallisé des tensions politiques sur le tracé côté bruxellois et sur le terminus, des affirmations contestées par la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt.
Des alternatives à l’étude approfondie
“Le projet n’est donc pas mis en attente, mais arrêté, pour être tout à fait claire. Nous n’allons pas poursuivre ce projet”, indique la ministre flamande de la Mobilité. Mais pour autant, Annick De Ridder insiste sur le fait que le dossier n’est pas clos : la Région a lancé une étude approfondie d’alternatives.
“J’ai mis en place à cet effet un groupe de pilotage spécifique. En septembre 2025, j’ai confié au Département Mobilité et Travaux publics (DMOW) la mission de réunir autour de la table les administrations concernées : l’Agence des routes et du trafic (AWV), De Werkvennootschap et De Lijn, afin d’élaborer des alternatives et de formuler une proposition.”
Plusieurs pistes circulent et ont déjà été abordées au sein du groupe de pilotage, qui s’est réuni pour la première fois mi-décembre 2025, d’après la ministre, notamment la “réutilisation des espaces libérés comme sites propres pour bus, partiellement ou totalement” ; la “suppression de chaînons manquants pour les liaisons cyclables, notamment autour de la F28 (qui doit être prolongée de Wolvertem jusque Willebroek, ndlr)” ; ou encore “l’optimisation des lignes de bus rapides existantes, pour lesquelles De Lijn élabore différents scénarios.”
“J’ai également formulé une proposition très concrète concernant l’augmentation du Fonds vélo, qui passe de 15 à 25 millions d’euros, afin de soutenir, via les provinces, les projets des autorités locales. L’idée est d’examiner si une extension de la desserte par bus rapide pourrait y être intégrée.”
Pssst… Avez-vous reçu cette newsletter qui vous a été transférée ? Aimez-vous mon travail ? Alors, soyez le premier au courant des prochaines news en vous abonnant directement, en plus c’est gratuit !
Des expropriations déjà effectuées
Plus loin, Annick De Ridder indique qu’au total environ 35 prises de possession ont été réalisées entre 2017 et 2025, pour un montant total d’un peu moins de 13 millions d’euros. Initialement, plus de 400 prises de possession individuelles étaient prévues : “la majorité concernait des parcelles agricoles ; certaines étaient des logements dont les propriétaires n’avaient pas accepté une offre de reprise ; d’autres encore concernaient des parties de zones d’activités économiques.”
Sur ces 35 acquisitions, “elles peuvent concerner une parcelle cadastrale complète, une partie de parcelle ou un ensemble de parcelles. On ne tient pas de registre précis du nombre de biens bâtis, mais une vingtaine de logements sont concernés. Une partie de ces logements a déjà été démolie. Deux logements acquis mais non encore démolis seront remis en vente dans l’état où ils se trouvent. Il s’agit de deux habitations à Meise, dans la Hoogstraat.
Une douzaine d’autres logements déjà acquis seront démolis, notamment parce qu’ils étaient historiquement mal situés, par exemple très proches de l’A12 ou attenants à une zone naturelle. Le début des travaux de démolition est prévu avant la fin de ce mois de janvier 2026.”
Sur la situation des biens devenus “zonevreemd” (non conformes à l’affectation urbanistique), la ministre évoque “une dizaine” de biens concernés. Elle souligne que “les possibilités diffèrent fortement selon les situations individuelles” et renvoie au Code flamand de l’aménagement du territoire (VCRO), dont les dispositions sur les bâtiments “zonevreemd” doivent, selon elle, offrir une “sécurité juridique” aux propriétaires concernés. “Aucune compensation financière immédiate n’est prévue” à ce stade, ajoute-t-elle, tout en n’excluant pas de revenir, “le cas échéant et après étude”, vers l’élaboration d’un nouveau GRUP.
Le GRUP, le “gewestelijk ruimtelijk uitvoeringsplan”, ou plan régional d’exécution spatiale, est l’instrument de planification qui fixe, en Flandre, l’affectation des terrains (par exemple logement, agriculture, infrastructure) et encadre les projets d’aménagement à l’échelle régionale.
Réaffectation selon les scénarios
“Lorsque l’étude des alternatives sera achevée et mise en relation avec l’analyse juridique du GRUP, il deviendra clair si l’espace libéré par les expropriations déjà réalisées devra être conservé pour ces alternatives, et dans quelle mesure. Il faudra alors déterminer si certaines parties peuvent être libérées, ou non.
Selon les résultats, une proposition comprenant différents scénarios sera formulée. Je n’exclus pas qu’une réaffectation à la destination initiale soit possible si certaines zones sont définitivement libérées. Si des alternatives peuvent être développées, ce sera évidemment préférable.”
Mme De Ridder “espère disposer d’une vision plus claire” d’ici février au plus tard, afin de pouvoir intégrer des éléments dans la mise à jour du GIP 2026-2027, et surtout en vue de l’exercice 2028-2029. “Il pourra s’agir d’études, mais aussi, lorsque cela est possible, de réalisations concrètes sur le terrain, afin de rassurer les habitants et les autorités locales que l’objectif d’une mobilité durable n’est pas abandonné, mais poursuivi différemment.”
Sur le sujet :
mobilithib update • 18 juin 2025
Bienvenue dans le 17ème numéro de Mobilithib Update, le condensé de news Mobilité, Aéronautique etc. Au programme cette semaine : Croatie - Slovénie, Tram de Lille, Tram de Prague, ICE, Play, Ligne 161, Bruxelles - Willebroek, et de très nombreuses brèves.
L’info a un coût, si vous le souhaitez, vous pouvez contribuer à mobilithib.
Si vous voulez contribuer dès que les abonnements payants sont activés, vous pouvez “promettre” un abonnement ici : 5€/mois, 50€/an ou 150€/an pour les vrais passionnés. Pour l’instant, mobilithib reste gratuit et devrait le rester avec les abonnements payants.
Comment soutenir mobilithib ?
mobilithib est un projet indépendant, lancé en 2022. Il vit uniquement grâce à ma passion pour la mobilité, ferroviaire, aérienne, transports publics, et au temps que j’y consacre. Pas de publicité, pas de budget extérieur, seulement l’envie de proposer une information claire, indépendante et accessible.
Une info, une idée ? Contactez-moi via Telegram, in@thibaultlapers.be ou mes réseaux sociaux :
mobilithib : Bluesky.
Mes réseaux perso : Bluesky, Facebook.





