La compagnie aérienne low-cost irlandaise Ryanair confirme sa menace de retirer 4 à 5 avions basés à l’aéroport de Charleroi (Belgique), tout en saisonnalisant pas moins de 14 liaisons et en réduisant le nombre de fréquences hebdomadaires sur plusieurs routes. À Bruxelles, 6 des 8 destinations opérées l’hiver sont également saisonnalisées pour l’été uniquement. Ryanair confirme que cette importante réduction d’activités est liée à la taxe aérienne fédérale belge, qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, alors que la compagnie avait prévu des plans de développement pour la Belgique. Ailleurs en Europe, Ryanair augmente la connectivité de certaines bases et en ferme d’autres.
Mise à jour : 26/07/26 - 12:32 CEST
La compagnie aérienne low-cost irlandaise a annoncé et confirmé la semaine dernière mettre un frein à son développement en Belgique, impactant les aéroports de Bruxelles et de Charleroi. Dans le Hainaut, elle retire 4 à 5 avions (Boeing 737-800 ou 737 MAX 8-200) basés, faisant passer sa flotte locale de 18 ou 19 appareils, selon les sources, à 14.
Cela concerne déjà six liaisons à Bruxelles (Madrid, Valence, Málaga, Rome-Fiumicino, Marrakech et Porto), ne laissant que Barcelone-El Prat et Dublin desservies cet hiver.
Quatorze liaisons sont impactées à Charleroi (Sarajevo, Dubrovnik, Béziers, Gênes, Reggio Calabria, Trapani, Essaouira, Nador, Oujda, Tétouan, Łódź, Poznań, Varsovie-Modlin et Newcastle), portant le réseau hivernal à 74 liaisons au lieu de 88. Elles s’ajoutent aux vingt-deux autres liaisons déjà opérées uniquement durant la saison estivale. D’autres routes verront également leur fréquence réduite cet hiver.
Mise à jour 16 juillet : Une septième liaison sera saisonnalisée à Bruxelles, avec l’ajout de Barcelone El Prat, ne laissant que Dublin annuelle. À Charleroi, Katowice, en Pologne, est rajoutée sur la liste des liaisons saisonnalisées, ne laissant que 73 liaisons hivernales à Charleroi, 74 au total pour la saison en Belgique.
Mise à jour 26 juillet : Ryanair devrait totalement se retirer de Tétouan à compter de l’hiver prochain.
À Charleroi, Christophe Segaert, CEO de la société gestionnaire de l’aéroport, craignait déjà ces plans fin avril : “les prévisions que nous avons reçues de la part de Ryanair pour cet hiver ne sont pas bonnes du tout.”
"Au total, cela représente une baisse d'environ 22 % de la capacité belge. La Belgique perdra ainsi 2 millions de passagers", indiquent les dirigeants de Ryanair à la presse belge. Les "500 millions d'euros d'investissements" pourraient ainsi être redirigés vers la Suède, l'Italie, la Hongrie et la Slovaquie.
Côté travailleurs, 160 membres d'équipage sont concernés par cette délocalisation et "près de 1 600 emplois [indirects] seront perdus dans la région", insiste le richissime Michael O'Leary, patron de Ryanair Holdings, qui restera par ailleurs à la tête de ses compagnies (Ryanair, Buzz, Lauda Europe et Malta Air) jusqu'en avril 2032.
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La même taxe
En réalité, ce retrait de Ryanair s'inscrit dans une nouvelle tentative de pression de la compagnie irlandaise visant à réduire ses coûts d'exploitation et à poursuivre son développement en Belgique, où elle a discrètement fêté les 25 ans de sa base de Charleroi.
La raison avancée reste économique, avec la taxe aérienne fédérale de 10 euros par billet au départ de la Belgique à partir de janvier 2027 pour les vols de plus de 500 kilomètres, qu'O'Leary critique depuis plus d'un an.
Cette taxe passera progressivement à 10,50 euros puis à 11 euros en 2028 et 2029. Les vols de moins de 500 kilomètres sont déjà soumis à une taxe de 10 euros.
Nouveaux développements en cas de décision inverse ?
À l'inverse, Ryanair affirme que si le gouvernement fédéral revenait sur sa décision, la compagnie pourrait reprendre ses investissements dans le pays, avec à la clé une croissance de 50 % d'ici 2032, passant de 11 à 16 millions de passagers. Elle évoque également la création de 50 nouvelles liaisons et de 1 000 emplois supplémentaires, sans préciser s'il s'agirait d'emplois directs ou indirects.
Là où O'Leary surprend, c'est qu'en plus d'évoquer l'hypothétique réouverture d'une base à Bruxelles, alors que l'aéroport est régulièrement critiqué par Ryanair pour la hausse de ses redevances, la compagnie aurait également pu envisager des vols au départ de Liège.
Utilisé comme aéroport de déroutement par Ryanair, Liège n'était pourtant pas considéré par Michael O'Leary comme un troisième aéroport belge. En août dernier, il indiquait que ce n'était pas le cas "car nous avons tellement investi à Zaventem et à Charleroi".
En Pologne, Ryanair a annoncé l'ouverture de douze nouvelles liaisons au départ de Varsovie-Modlin (cinq) et Varsovie-Chopin (sept) pour cet hiver, ainsi que l'arrivée de deux avions supplémentaires basés à Modlin. En Slovaquie, quatre nouvelles liaisons seront lancées à Bratislava avec l'arrivée d'un quatrième avion basé.
Ryanair a également annoncé plusieurs réallocations de capacités ailleurs en Europe. La compagnie fermera ainsi sa base de Thessalonique pour l'hiver 2026 (fin octobre), retirant trois avions et supprimant douze liaisons dont 9 à Thessalonique, tout en réduisant sa présence à Athènes (3 liaisons) en raison de coûts jugés trop élevés.
À Berlin, Ryanair retirera sept avions basés et réduira de moitié son offre également à partir d'octobre 2026, dénonçant la hausse des taxes aériennes et des redevances aéroportuaires allemandes. Les appareils concernés seront notamment redéployés vers des marchés jugés plus compétitifs, comme la Suède, la Slovaquie, l'Albanie et l'Italie.
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