Le 14 février 2026, pour le jour de la Saint-Valentin, plusieurs réseaux français ont eu des mises en service : la plus importante est à Brest, avec l’ouverture de la seconde ligne de tram, la ligne B ainsi que la ligne D de BHNS, couplées à une refonte quasi totale du réseau Bibus. À Lyon, la ligne de tram T6 a été prolongée de plus de 5 kilomètres avant l’arrivée le 28 février de la ligne TB12 en BHNS. Enfin à Lille, les Alstom Metropolis BOA ont été mises en service avec plus de dix ans de retard sur la ligne M1.
Brest
Depuis 5h du matin samedi, le nouveau réseau de la ville de Brest (Bretagne) a été mis en service, après l’inauguration la veille des lignes B et D par les autorités : à Lambézellec d’abord, puis à la gare SNCF, François Cuillandre, maire de Brest et président de Brest métropole, accompagné du préfet du Finistère Louis le Grand et de nombreux élus et officiels, a ainsi coupé le traditionnel ruban d’inauguration.
Le ruban coupé symbolise la profonde refonte du système de la société RD Brest (Bibus) effective depuis samedi, vu comme “un maillage renforcé du territoire, pour mieux se déplacer, plus rapidement, plus facilement” :
Deux nouveaux axes traversent la ville avec la nouvelle ligne de tram B entre Gares et CHU La Cavale (remplaçant la ligne de bus 1 qui existe depuis 2012) de 5,1 kilomètres et 11 stations et la ligne de BHNS D entre Gares et Lambézellec (remplaçant la ligne 2a lancée en 2023). La ligne de tram B a coûté 225 millions d’euros (trams compris), pour des travaux d’environ trois ans et complète la ligne de tram A ouverte le 23 juin 2012, entre Porte de Plouzané d’une part et d’autre part la Porte de Gouesnou et la Porte de Guipavas.
Lors de son allocution, François Cuillandre, après avoir remercié les principaux partenaires financiers du projet (État, région Bretagne, Europe et Agence de l’eau Loire-Bretagne), a aussi tenu à honorer les habitants de la ville : “Je les remercie de tout cœur, habitants, salariés, entreprises et commerçants pour leur patience et leur compréhension durant ces longs mois de travaux. Cette période était difficile mais indispensable pour construire une métropole plus durable et plus agréable à vivre”.
La ligne de tram B circulera avec huit véhicules Alstom Citadis TBB (ainsi que des Citadis 302) de 5h à 1h ou 1h30, avec une fréquence de 10 minutes par tramway. Elle sera connectée à la ligne A du tramway (à Liberté / Liberté Quartz), ainsi qu’à la ligne D de BHNS entre Gares et Liberté Quartz.
Cette nouvelle ligne renforcera l’intermodalité et améliorera l’accès au réseau de transports en commun grâce à deux nouveaux pôles d’échange à CHU La Cavale et Le Bergot en plus des pôles existants de Liberté et Gares.
La ligne D circulera elle sur 4,8 kilomètres en Mercedes-Benz eCitaro G avec 9 exemplaires, de 5h à 1h ou 1h30, avec une fréquence pouvant atteindre les 7 minutes 30 en heures de pointe et plus de services en soirée.
Changements divers en bus
La nouvelle ligne Noctybus N2 roulera trois nuits par semaine entre Commerce et Les Îles : elle desservira le port de Brest, le bas de Siam, la place de la Liberté où elle prendra en charge une clientèle venant principalement des bars et discothèques de Brest.
La ligne 31 qui a également été lancée entre Brest Place de Strasbourg et Guipavas Lanvian (près des serres), roule une fois par jour du lundi au vendredi.
La ligne 2b (Technopôle <> Liberté Branda) devient la ligne 2 et est prolongée jusqu’au Port de Commerce, auparavant desservi par la ligne 5. Elle reprendra également la desserte du quartier de Kerangoff, précédemment assurée par la ligne 6, avec une fréquence renforcée. La ligne 5 (Port de Commerce <> Gascogne) disparaît en partie, son tracé étant repris par la nouvelle ligne 2 entre Liberté et le Port de Commerce ainsi que par la ligne 12 entre Guilers et Liberté. Cette dernière, initialement exploitée entre Liberté Morvan et Roberval, circulera désormais entre Liberté Morvan et Croas ar Pennoc.
La ligne 10 (Plouzané Bourg <> Hôpital Cavale 2) est prolongée jusqu’au CHU Questel. De son côté, la ligne Noctybus reliant Les Îles à Gascogne devient la ligne N1 entre Les Îles et Le Bergot, avec de légers ajustements d’itinéraire.
Les lignes 13 (Liberté Morvan <> Petite Gare) et 14 (Place de Strasbourg Jaurès <> Petite Gare) fusionnent pour former une nouvelle ligne 13 reliant Place de Strasbourg Jaurès au Bergot, avec un rabattement organisé vers la ligne B. De la même manière, les lignes 17 (Kerjean <> Place de Strasbourg Jaurès) et 18 (Laforgue <> Danton) sont regroupées sous la ligne 17 entre Place de Strasbourg Jaurès et Le Mendy.
La ligne 23 (Porte de Gouesnou <> Brest Quatre Pompes) change de numéro pour devenir la ligne 28, avec un tracé légèrement modifié. La ligne 26 (Liberté Branda <> Calvaire) est prolongée jusqu’à Plougastel Ty Ar Menez. Les lignes 95 (Saint Herbot) et scolaire 72 (Ruquelen) fusionnent pour former la ligne 24 entre Guipavas Pen an Traon et Saint Herbot ; le service sera désormais assuré aussi bien en période scolaire qu’en vacances, sans réservation en heure de pointe. Enfin, la ligne 90 (Liberté Branda <> Cehvillotte) partira désormais de Liberté Foyer du marin et adoptera le numéro 22.
Harmonisation du réseau scolaire
La ligne scolaire 40 (Porte de Gouesnou <> Mirabeau) est prolongée jusqu’à Croix Rouge et devient la ligne S40. Les lignes 42 (Warspite <> Le Bot Haut), 44 (Thibaudet <> Kerichen Lesven), 50 (Plouzané Bourg <> Lanrose) et 51 (Plouzané Malmanche <> Lanrose) sont simplifiées et deviennent respectivement S42, S44, S50 et S51.
La ligne 45 (Liberté Branda <> Pen Ar C’hleuz) partira désormais de Liberté Morvan et devient S45, tandis que la ligne 46 (Gascogne <> Kerichen Lesven) voit son itinéraire légèrement modifié et devient S46. La ligne 52 (Plouzané Bourg <> Amiral Ronarc’h) est limitée à Malmanche et devient S52.
Les lignes 55 (Le Bot Haut <> Roberval) et 56 (Landais <> Roberval) sont simplifiées, auront pour terminus Croas ar Pennoc et deviennent S55 et S56. La ligne 60 (Lannoc <> Liberté Morvan) est modifiée et limitée à Harteloire, devenant S60.
Les lignes 65 à 69, reliant notamment Gouesnou et Guipavas à Kerichen Lesven ou Saint Charles, sont légèrement modifiées et deviennent S65 à S69. Les lignes 70 (Guipavas Anne de Bretagne <> Lanroze) et 71 (Guipavas Anne de Bretagne <> Mirabeau) deviennent S70 et S71.
Les lignes 75 (Guipavas Le Douvez <> Le Relecq-Kerhuon Camille Vallaux) et 76 (Le Relecq-Kerhuon Baradozic <> Lanroze) deviennent S75 et S76. La ligne 77 (Le Relecq-Kerhuon Baradozic <> Liberté Morvan) est simplifiée, limitée à Harteloire et devient S77. La ligne 78 (Liberté Branda <> Le Relecq-Kerhuon Diwan) est simplifiée avec un terminus à Liberté Foyer du marin et devient S78. Les lignes 80 et 81 (Kervenal <> Lanroze et Kervenal <> Mirabeau) deviennent respectivement S80 et S81.
Enfin, les lignes scolaires 41, 43, 49 et 61 adoptent elles aussi le préfixe S, devenant S41, S43, S49 et S61.
Certaines lignes changent uniquement de numéro sans modification notable de leur tracé : la ligne 22 (Guilers Roberval <> Brest Quatre Pompes) devient la ligne 27, la ligne 21 (Plouzané Mairie <> Bordenave) devient la ligne 26, la ligne 25 (Porte de Gouesnou <> Porte de Gouesnou via Z.A. de Kergaradec) devient la ligne 21, et la ligne 31 (Technopôle <> Gares) devient la ligne 25.
Enfin, plusieurs ajustements plus ponctuels sont à noter : la ligne 4 (Porte de Gouesnou <> Liberté Morvan) est simplifiée. La ligne 6 (Font Montbarey <> Recouvrance) est limitée à Prat Ledan. La ligne 15 (Gouesnou Lantel <> Place de Strasbourg Jaurès) est légèrement modifiée.
La ligne 16 (Liberté Branda <> Anne de Bretagne) est prolongée d’un côté vers l’aéroport de Brest-Bretagne et de l’autre vers la gare routière de Brest. La ligne 19 (Liberté Branda <> Ty Ar Menez) est légèrement modifiée et aura pour terminus Liberté Foyer du marin. La ligne 92 (Hôpital Cavale <> Centre funéraire) est ajustée à l’hôpital afin d’assurer la correspondance avec le tramway B à la station CHU La Cavale.
Toutes les lignes, à l’exception des lignes A et 3, adoptent par ailleurs un nouveau logo et une nouvelle couleur.
Tout le réseau Bibus a été rendu gratuit le week-end du 14 et 15 février.
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Lyon
À Lyon, en région Auvergne-Rhône-Alpes, la ligne de tramway T6 a été prolongée ce samedi au nord-est de l’agglomération. Jusqu’ici limitée au trajet Debourg – Hôpitaux Est Pinel, elle relie désormais le campus de La Doua à la station Gaston Berger.
Ce prolongement représente 5,4 kilomètres supplémentaires et la création de dix nouvelles stations. La ligne, mise en service en 2019, atteint ainsi une longueur totale de 12,1 kilomètres. La fréquence reste fixée à un tram toutes les dix minutes. Cette extension permet d’achever la première rocade intérieure au périphérique sur l’axe nord-est de la métropole lyonnaise, offrant une liaison directe entre plusieurs polarités majeures sans passage par l’hypercentre.
Quatre pôles
Au-delà de l’infrastructure, l’arrivée du T6 s’inscrit dans une logique d’aménagement urbain plus large. Le tracé connecte désormais quatre pôles structurants de l’est lyonnais : les Hôpitaux Est, la place Jules Grandclément, le quartier des Gratte-Ciel et le campus Lyon-Tech La Doua – INSA Lyon. L’objectif est de renforcer l’offre de transports collectifs sur un secteur en forte évolution démographique et universitaire, tout en consolidant le maillage du réseau existant.
Avant son prolongement, le T6 assurait déjà des correspondances avec les lignes B et D du métro, les tramways T1, T2, T4 et T5 ainsi qu’avec les lignes de bus C8, C9, C15, C15E, C16, C25, C201, 24, 26, 34, 60, 64 et 79. Désormais, les lignes A, C11, C17, C23, C26, 25, 37, 69, T3 et TB11 s’ajoutent aux nouvelles stations, en complément de la ligne de BHNS TB12 qui sera mise en service le 28 février entre Gare Part-Dieu Vivier Merle et Kimmerling Genêts.
À La Doua, les TCL prévoient également l’ouverture l’an prochain de la ligne T9 entre Vaulx-en-Velin – La Soie et Charpennes – Charles Hernu, soit 11,3 kilomètres supplémentaires. Par ailleurs, la ligne T10 doit entrer en service en décembre entre Gare de Vénissieux et Halle Tony Garnier, dans le sud-est de la ville, pour 14 arrêts sur 7,8 kilomètres.
Trois ans de chantier
Le projet ne se limite pas à la seule dimension transport. Il s’accompagne d’une requalification des espaces publics le long du tracé : création d’aménagements cyclables et piétons, réorganisation des voiries et renforcement de la végétalisation. Huit hectares de sols ont été désimperméabilisés et 500 arbres plantés. L’objectif est de favoriser l’intermodalité et de proposer une alternative plus crédible à la voiture individuelle en combinant tramway, vélo, marche et covoiturage.
Le chantier avait débuté en novembre 2022 avec les travaux préparatoires. Trois ans plus tard, après la pose des derniers rails et la phase d’essais, la ligne est entrée en service. L’investissement total s’élève à 175 millions d’euros, dont 19 millions financés par l’État.
SYTRAL Mobilités table sur 55 000 voyages quotidiens à l’horizon 2030. Pour accompagner la mise en service, 23 nouveaux conducteurs ont été recrutés et plus de 350 agents TCL ont été formés aux spécificités du nouveau tronçon, notamment la circulation en aire piétonne dans le centre de Villeurbanne, la voie unique rue Billon avec alternat géré par signalisation ferroviaire, ainsi que les zones de manœuvre ferroviaires situées à la Gare de Villeurbanne et à La Doua.
En raison d’un arrachage de caténaire ce mardi, le trafic a été interrompu sur une partie de l’extension une grande partie de la journée.
Lille
À Lille (Hauts-de-France), les rames Alstom Metropolis BOA ont été mises en service samedi sur la ligne 1 du métro (Quatre Cantons – Stade Pierre-Mauroy à CHU – Eurasanté), après plus de dix ans de retard.
Ces retards s’expliquent par des difficultés majeures dans le développement et l’adaptation du logiciel de pilotage automatique Urbalis Fluence, notamment son intégration avec les rames existantes VAL208. Le projet ne concernait en effet pas uniquement le matériel roulant : il incluait la refonte intégrale du système de pilotage automatique afin de passer au Communication Based Train Control (CBTC). Le système historique, conçu dans les années 1980, reposait sur une architecture analogique devenue obsolète et incompatible avec les standards actuels.
Face aux reports successifs, la Métropole Européenne de Lille (MEL) a engagé une médiation avec Alstom. Le constructeur a versé 50 millions d’euros de pénalités sur les 266 millions d’euros hors taxes du contrat initial. Le nouveau système Urbalis Fluence a finalement été activé le 17 novembre 2024, avant une validation définitive en janvier 2025, après plusieurs phases probatoires.
5 avant 27 puis 42
Cinq rames sont actuellement en service. Jusqu’à 27 circuleront progressivement sur l’ensemble de la ligne d’ici septembre, avant l’arrivée de 15 rames supplémentaires à l’horizon 2028.
Les nouvelles rames BOA, longues de 52 mètres, peuvent accueillir entre 313 et 521 voyageurs selon la configuration retenue. Livrées progressivement depuis 2016, elles intègrent notamment des écrans d’information voyageurs, des afficheurs LED, un système de vidéoprotection embarquée, un éclairage LED adaptatif ainsi que des espaces aménagés pour les personnes à mobilité réduite.
Pour accueillir ces rames, les quais ont été allongés de 26 à 52 mètres. Les stations ont également été adaptées avec l’installation de nouvelles portes palières, une signalétique repensée, des équipements techniques modernisés et des dispositifs de vidéoprotection renforcés.
Plus de rames sur la ligne 2
La modernisation de la ligne 1 représente un investissement total de 620 millions d’euros, dont 266 millions d’euros hors taxes pour les seules rames. À l’échelle du métro lillois, l’investissement global atteint 1,2 milliard d’euros, incluant également la modernisation de la ligne 2 (C.H. Dron <> Saint-Philibert).
Les rames VAL208 actuellement en service sur la ligne 1 seront progressivement transférées vers la ligne 2 afin d’augmenter les fréquences, notamment en soirée et le week-end. Les premiers transferts débuteront dès cette semaine. Les intervalles pourraient ainsi passer de 4 à 6 minutes à environ 3 min 30 à 4 min 30 selon les périodes. Les VAL208 existants seront modernisés entre 2027 et 2031, à raison d’environ douze rames par an.
En parallèle, la MEL a attribué en octobre dernier un marché de 445 millions d’euros pour 57 nouvelles rames VAL208 NG3. Celles-ci remplaceront les VAL206 en service depuis le 25 avril 1983, qui seront progressivement retirées et envoyées à la casse. Les livraisons sont prévues à partir de juillet ou d’octobre 2028, deux échéances différentes ayant été mentionnées dans le dossier de presse.
À horizon 2031, la ligne 2 devrait bénéficier d’une capacité accrue de 30 % et d’une fréquence comparable à celle actuellement observée sur la ligne 1, soit 66 secondes selon la MEL.
Perturbations
La journée d’inauguration a toutefois été marquée par un mouvement social au sein d’Ilévia. Des conducteurs de tramway et de métro ont observé un arrêt de travail, entraînant une réduction des fréquences sur le métro ainsi que l’interruption totale des deux lignes de tramway du Grand Boulevard desservant Tourcoing et Roubaix.
Des bus de remplacement ont été déployés afin d’assurer la continuité du service. Les autres lignes régulières du réseau de bus n’ont pas été impactées.
De plus, depuis samedi, plusieurs interruptions de trafic ont eu lieu d’après le feed MobiLille qui concernent le système de pilote automatique ou les nouvelles rames.
Métro de Lille : la Métropole met enfin en service ses rames de 52 mètres
Plus de onze ans après le calendrier initial, les premières rames de 52 mètres circulent enfin sur la ligne 1 du métro de Lille depuis ce 14 février 2026. Cette mise en service progressive ne marque pas seulement l’arrivée d’un matériel plus capacitaire (Alstom Metropolis BOA) : elle concrétise une modernisation engagée en 2012, incluan…
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