
Chers abonnés de Mobilithib, Mobilithib Voyages et Mediathib, chers lecteurs occasionnels ou plus,
Je prends la plume personnelle pour une fois, vu que vous savez très bien que, personnellement, j’essaie de m’effacer dans les articles pour un ton bien plus neutre, avec du recul et avec évidemment déontologie selon la publication.
Mais j’aimerais tout de même aborder le fait que je prends une pause de deux semaines, déjà de mes blogs/médias (la frontière est parfois fine), à partir de ce 12 mars, pour me poser, réfléchir, décompresser et penser à d’autres choses ou simplement à moi. Cela ne durera que deux semaines, juste à temps pour des événements plus ou moins importants dans l’aérien belge et d’autres événements annexes, comme le tram de Liège.
Forcément, plusieurs raisons m’ont amené à penser à cette pause. Après tout, cela se sentait venir avec un rythme de publication assez variable, car écrire ne me plaît plus.
Côté professionnel, j’ai eu une accumulation de frustrations, par rapport aux activités en dehors de la maison (parce que soyons honnête, je n’ai pas de bureau), où je me suis fait traiter de tous les noms à un événement car j’avais mon sac à dos ainsi que mon téléphone, littéralement mon outil de travail, ce qui me permet d’avoir un tas de photos d’événements parce que c’est hors de question de payer des illustrations de presse impayables… Parce que je gère tout seul.
Ou alors des leaks opportunistes quand une société avait fait une sorte d’embargo non dit…
Puis, à part certaines rares fois, il y a un manque criant de reconnaissance de mon travail, où je mets des heures de travail, de réflexion, de recherche pour que mes articles ne soient pas de simples brèves, mais plus que ça. Bien plus que ça. Rien qu’une interview assez récente où je n’ai eu qu’un vague merci et un like sur LinkedIn (mais mise en avant des médias “mainstream”) alors que j’ai passé des heures à la retranscription, correction et demande si tout était ok avant publication, en ayant évidemment été d’accord sur l’embargo. Et puis, les polémiques inutiles, les critiques gratuites méprisantes…
Un autre exemple : le fait de ne même pas être invité à un événement à Bruxelles et devoir presque demander pourquoi je ne suis pas invité alors que c’est un événement comme les autres. Finalement, j’ai pu assister à cet événement.
Après, certains diront que ce ne sont pas les chiffres qui sont importants : eh bien si. Ces 30 derniers jours sur Mobilithib, j’ai cumulé environ 3 000 vues. Les abonnés ? Nous sommes 95 pour plus de 140 articles en plus de deux ans. Je suis conscient que c’est un sujet de niche, mais j’essaie d’être vaste, à tel point que je ne tiens plus le rythme et la rigueur qui me sont propres. Mobilithib Update était la solution pour pallier cela, mais les temps de lecture deviennent longs, très longs, plus de 15 minutes.
Et puis, les interactions sur les réseaux sociaux sont quasi inexistantes, et c’est absolument terrible pour une publication du genre qui se veut sérieuse. Après, cela a déjà réussi, mais très rarement.
De plus, Substack n’aide pas au niveau du référencement et l’indexation par Google est tout simplement devenue une catastrophe, pour ne pas dire que je n’en ai jamais réellement profité. Je me sens invisible, presque totalement invisible.
Le sujet le plus parlant est surtout la rémunération. Officieusement, je suis journaliste freelance. Officiellement, je suis en recherche d’emploi depuis octobre dernier. En d’autres termes, les finances sont tendues, très tendues.
Substack me permet d’être rémunéré, cependant cela engendre, si c’est selon ce que je pense, le fait de changer de statut, de ne plus avoir de sécurité de revenu minimum chaque mois (170 € actuellement avec les allocations familiales) et d’être payé selon ce que j’arrive à vendre. Problème, c’est que j’ai d’autres choses à payer et que c’est tout simplement infaisable.
Imaginons que mes 95 abonnés paient 5 $ par mois, ce qui fait 475 USD. Avec les frais Substack et Stripe, je tombe à 4,02 $, soit 381,90 USD (349,88 €). C’est ridicule. Et encore, ce n’est pas le net. Vous voyez où tout cela mène ?
Et même en travaillant pour un autre client que je ne citerai pas, en restant dans les règles, etc., les articles ne valent plus rien, même pas 20 euros imposables, et je dois encore en déduire tous mes frais, comme ceux de déplacement. Autrement dit, ce n’est plus humain et être journaliste est devenu une opération suicidaire.
On peut aussi combiner les nombreuses frustrations des remarques, commentaires, aucune remise en question, les lenteurs excessives, les refus de sujets qui sont finalement traités (ou pas) plus tard, et les horaires juste excessifs. En résumé : des erreurs de gestion, aucune clarté dans la communication, des rémunérations plus que basses (voire quasi illégales). Et même des sujets dans la durée ne semblent pas apporter de rémunération supplémentaire.
C’est pour cela que PayPal est ma seule solution de rémunération pour espérer vous proposer quelque chose de qualité, comme à Luxembourg la semaine dernière.
Finalement, cela fait des semaines et des mois que je réfléchis à tout abandonner, me dire que je vais faire complètement autre chose. Je sais que je fais avancer les choses avec ma publication, cependant ce n’est juste pas assez. Je me vois bloqué à plein d’étages. Avec mon sérieux et parfois mon expertise, j’en arrive juste à bout d’écrire et à constater que je suis rejeté. J’ai déjà postulé plusieurs fois, mais pas un seul mail de retour. Pour d’autres jobs, j’ai passé des entretiens, mais parfois, c’est juste aucune réponse et on laisse tomber. Un jour, j’aimerais juste signer un contrat fixe pour enfin m’épanouir, me sortir de ces situations et me sentir mieux, avec de meilleures opportunités.
Je suis cependant très reconnaissant envers tous les professionnels de différents secteurs qui me suivent, se sont abonnés et surtout me lisent.
Et puis il y a aussi ces “copains” qui utilisent ChatGPT à longueur de journées, qui s’en foutent et font tourner un site de news aéronautique. Hop, je mets le communiqué dans l’IA textuel, publication, et on est reparti pour un tour.
Sur le plan relationnel, j’ai aussi ressenti un besoin de prendre du recul. Ces dernières semaines, j’ai eu le sentiment d’être plus souvent celui qui relance ou qui s’investit, et ça pousse forcément à se demander si c’est toujours sain de fonctionner comme ça. Peut-être que cette pause m’aidera à voir les choses plus clairement et avec les gens qui importent vraiment.
Bref, chers lecteurs, merci de votre lecture et j’espère à dans deux semaines, pour de meilleures news à traiter, non ? À ceux qui soutiennent mon travail, notamment financièrement ou en interagissant : merci.

